jan 25 2010 |
A la question dérangeante de la volonté de fusionner les systèmes du public et du privé, alors que le mode de calcul des retraites se réfère aux salaires des six derniers mois, François Chérèque a répondu lors d’une conférénce de presse qu’il n’était pas question d’abandonner les six mois de référence.
Or le document du congrès de la CFDT se prononce pour une réforme « en profondeur du système des retraites » : il est « utile de réfléchir aux conditions d’unification des régimes des salariés des secteurs public et privé ainsi qu’aux contreparties associées, en particulier pour les jeunes générations ».
Dans le Monde.fr, nous pouvons lire :
Certains rappellent qu’en 2003 « quand on a soutenu la réforme des retraites, on l’a payé au prix fort, des dizaines de démissions dans mon syndicat, et on est passés, dans mon secteur, sur Angers, de quelque 20 % des voix à 13 %. » Au niveau national, 30 000 militants avaient quitté la CFDT, reconnaît la direction. « Si le syndicat remet en question l’existant pour les fonctionnaires, beaucoup partiront », prévient M. Bouin.
« Tout doit être sur la table », persiste M. Chérèque, qui prend néanmoins soin de se démarquer du gouvernement. Ce que réclame le secrétaire général de la CFDT, c’est une réforme globale, avec du temps pour la mener à bien. Il veut que les partenaires sociaux étudient d’autres systèmes, comme la retraite par points ou les comptes individuels dits « notionnels », afin que la France puisse opter pour le meilleur système.
L’approche du gouvernement est différente : le ministre des affaires sociales, Xavier Darcos, est pressé. Il veut ouvrir le dossier des retraites après les élections régionales de mars, et agir en priorité sur la durée de cotisation ou le report de l’âge légal de la retraite. « Si le gouvernement veut jouer sur ces deux points, menace M. Chérèque, alors on n’aura pas d’autre choix que de descendre dans la rue avec les autres. »
François Chérèque se défend dans le Monde.fr : « Quand Bernard Thibault (le secrétaire général de la CGT) parle de « maison commune des retraites », tout le monde dit qu’il va bloquer la réforme. Quand c’est moi qui emploie la même expression, on m’accuse de vouloir fusionner les régimes ! » La « maison commune » est un concept avancé lors du congrès de la CGT, en décembre, pour rendre les régimes solidaires les uns des autres et asseoir le système par répartition.
Selon lui, la discussion sur une réforme de fond doit prendre l’année, et se conclure après le congrès de la CFDT. « J’attends que vous me disiez ce que vous voulez comme réforme, ce débat concerne toute la société », martèle-t-il. Une façon pour celui qui postule à un dernier mandat à la tête de la CFDT d’éviter une nouvelle crise.
Quant à la CGT, celle-ci vient d’annoncer par l’intermédiaire de Bernard Thibault, qu’elle « défendra ardemment » la retraite à 60 ans et lancera une campagne sur le sujet afin d’éviter « une décision brutale du gouvernement ».
Serons-nous réellement défendus sur le sujet des retraites ? L’avenir nous le dira…
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