La Réforme Des Retraites en 2007
La nouvelle réforme des retraites tout juste annoncée, AgentDeConduite.Com met en ligne un texte fourni par un utilisateur de ce site, retraçant l’historique des évènements de la réforme des régimes spéciaux de retraites qui s’est déroulée en 2007 à la S.N.C.F..
Cet exposé permettra de prendre connaissance dans le détail des avancées lors des négociations et des positions de certaines organisations syndicales.
Même si au premier abord, la longueur du texte peut en décourager plus d’un, j’encourage fortement le lecteur à le lire dans le détail.
Bonne lecture à tous,
L’Admin.
_______________________________________________________________________
___________________________
JEUDI 8 MARS 2007
___________________________
« Je ferai la réforme des régimes spéciaux de retraite. Je n’accepte pas cette idée que tous les Français du public et du privé doivent cotiser 40 ans et que dans les régimes spéciaux, je ne leur reproche pas, on doit cotiser 37 années et demi » (Nicolas SARKOZY lors de l’émission « A vous de juger » sur France 2).
___________________________
JEUDI 10 MAI 2007
___________________________
Le Conseil constitutionnel proclame l’élection du candidat UMP Nicolas SARKOZY avec 53,06 % des voix, soit un total de 18 983 138 bulletins de vote en sa faveur.
___________________________
MARDI 18 SEPTEMBRE 2007
___________________________
Conformément aux engagements pris durant la campagne présidentielle, Nicolas SARKOZY présente ce jour les orientations de la réforme des régimes spéciaux que le Gouvernement entend engager dès à présent.
EXTRAIT DU DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
« Je demande au gouvernement de réformer les régimes spéciaux de retraite sans tarder. Les différences de situation qui justifiaient tel ou tel avantage particulier créé avant la Seconde, voire la Première Guerre Mondiale ont largement disparu.
La pénibilité de ces métiers a fortement diminué et l’espérance de vie des ressortissants de ces régimes est la même, voire meilleure que celle des autres régimes, à l’exception des marins et des mineurs.
La réforme des régimes spéciaux a néanmoins été écartée à chaque fois qu’on a réformé les autres régimes, en 1993 puis en 2003. Cela ne peut plus être le cas, c’est une question d’équité. On n’entreprendra pas une troisième réforme des retraites sans les y inclure. Si un métallo ou un enseignant voit sa durée de cotisations passer de 37,5 ans à 40 ans et demain à 41 ans comment lui expliquer que celle d’un agent d’une grande entreprise publique devrait rester bloquée à 37,5 années voire moins.
Qui aura le courage d’aller expliquer ça aux Français. Qu’on me comprenne bien : je ne cherche à stigmatiser personne, je connais l’attachement au service public de ces salariés ; je n’ai pas oublié le dévouement extraordinaire des électriciens et des gaziers pendant les tempêtes de décembre 1999. Je n’ai pas oublié le dévouement extraordinaire des agents de la RATP ou des conducteurs de la SNCF quand il y a eu les émeutes de novembre 2005 où il fallait les transports en commun pour nos compatriotes, malgré les émeutiers et malgré les risques, on a trouvé des fonctionnaires qui étaient là.
Ce sont des femmes et des hommes de qualité qui ne sont pas responsables du statut dont ils ont hérité. Il ne s’agit donc pas de les stigmatiser, il s’agit de les rapprocher d’un régime général, celui de la Fonction Publique. Je comprends leur attachement, comme celui des cheminots et des agents de la RATP dont je viens de parler, à leur statut.
Chaque statut gardera des éléments spécifiques forts mais la convergence avec les autres régimes de retraite est inéluctable. Qu’avons-nous l’intention de faire ? L’objectif doit consister à tout le moins à harmoniser les régimes spéciaux avec celui de la Fonction publique qui lui, a été réformé par Jean-Pierre RAFFARIN et François FILLON en 2003.
Dès demain, Xavier BERTRAND – que je veux remercier et à qui je redis ma confiance – à qui j’ai demandé de conduire cette réforme, va entamer des discussions avec tous les acteurs concernés : confédérations, fédérations syndicales, président des groupes, commissions parlementaires, dirigeants d’entreprise. A l’issue de ces entretiens, dont j’ai demandé à Xavier BERTRAND qu’ils n’excèdent pas deux semaines, Xavier BERTRAND précisera les principes communs de l’harmonisation.
Puis ceux-ci seront déclinés par la négociation entreprise par entreprise, pour tenir compte des spécificités de chaque régime. Dans ce processus, tous les sujets, je dis bien tous les sujets, seront sur la table : l’allongement de la durée de cotisations, les décotes et les surcotes, l’indexation des pensions, les bonifications et la pénibilité mais aussi le calendrier, le rythme d’application de la réforme pour les agents ou encore la prise en compte des primes dans le calcul des droits à pension, pour ne citer que ces exemples. On me demande : voulez-vous passer en force ? Si par passer en force on entend l’absence de concertation, notamment au niveau des entreprises, je réponds : non. On me demande alors : ne craignez-vous pas que tout ceci n’aboutisse qu’à une apparence de réforme ? A cette question je réponds encore : non.
Dans quelques mois une étape décisive dans l’harmonisation des régimes de retraites aura été franchie. Au-delà de la réforme des régimes spéciaux, il y aura le rendez-vous 2008 sur les retraites ; au terme de la loi de 2003 ce rendez-vous, comme vous le savez, comporte plusieurs étapes qui devront se dérouler au second semestre 2007. Le conseil d’orientation des retraites doit faire le point sur les perspectives financières des différents régimes avant la fin novembre.
Une conférence tripartite sur la revalorisation des pensions interviendra dans la foulée. Enfin le gouvernement remettra au Parlement avant la fin de l’année un rapport dressant un état de la situation. Ces différents évènements seront autant d’occasions de débattre publiquement de ces sujets et de se concerter avec les partenaires sociaux. Cela prendra donc un peu de temps. Pour autant je souhaite aller vite et conclure cette réforme au cours du premier semestre 2008.
Je veux dire deux choses. Les Français m’ont élu pour agir, pas pour commenter. Et je dois dire une deuxième chose, c’est beaucoup moins anxiogène pour les Français de savoir qu’un gouvernement digne de ce nom s’occupe de trouver des solutions structurelles à leurs problèmes plutôt que de laisser la situation empirer, chacun étant par ailleurs bien persuadé que ça va mal.
Faire preuve de responsabilité, c’est pour chacun d’entre nous avoir plus de choix en ce qui concerne la décision de partir à la retraite, en assumant toutes les conséquences de ses choix.
Il devra y avoir plus de gains à travailler plus longtemps, en particulier grâce à la libération du cumul emploi retraite ; je ne vois vraiment pas pourquoi on empêche les gens à la retraite de travailler, et d’un autre côté, partir plutôt devra être davantage pénalisé. Dans le même temps, je pense que la solidarité qui est l’un des éléments fondateurs de notre système de retraite doit être réaffirmé. Et je le dis avec la même force, je pense au niveau des petites pensions.
Il faut revaloriser ces petites pensions pour les salariés ayant eu une carrière complète. Il en va de même des pensions de reversions, pour les plus modestes il est des femmes qui se trouvent dans une situation sociale catastrophique. Ces revalorisations seront rendues possibles par le rendez-vous de 2008. Il est évident que nous aurons d’autant plus de marge de manœuvre pour assurer ces revalorisations que nous aurons été plus responsables sur l’approfondissement de la réforme de 2003. C’est dans ces termes-là, qu’il faut poser le débat et je dis aux Français : je serai autant déterminé à conduire la réforme des régimes, qu’à conduire l’augmentation des pensions pour les petites retraites ou pour les pensions de reversions.
Je voudrais conclure cette intervention sur la méthode. Je crois à la réforme par le dialogue social. Je l’ai prouvé et je vais continuer. Je veux vous dire que les partenaires sociaux et plus généralement les corps intermédiaires seront écoutés, seront respectés, peut-être plus que cela n’a jamais été le cas. Ma porte leur est toujours ouverte et elle le restera. Je saisis d’ailleurs cette occasion pour dire toute mon estime à ces grands acteurs sociaux, je les connais bien, ce sont des gens de ma génération. C’est-à-dire qu’ils sont assez expérimentés pour avoir constater les failles de notre système actuel et assez jeunes pour avoir envie de bouger les choses et de répondre à cet appel : osez l’innovation sociale. Je joue cartes sur table, depuis le tout début, avant même mon entrée en fonction.
J’ai reçu les partenaires sociaux pour leur indiquer l’ensemble des réformes que j’entendais conduire, pour remplir le mandat que les Français m’avaient confié. Depuis je les ai revus à plusieurs reprises. A chaque fois je leur ai proposé de se saisir eux-mêmes des questions pour parvenir à un accord par la voie de la négociation. Quand syndicats et patronat ont voulu travailler ensemble sur le contrat de travail, sur l’assurance chômage, sur la sécurisation des parcours professionnels, ils en ont eu la possibilité. Les négociations en cours, je l’affirme, sont les plus importantes que la France ait connues depuis bien longtemps. Je souhaite leur réussite et que chacun y mette du sien et sorte des jeux de rôle.
Toutefois, chacun doit prendre ses responsabilités. Cela a deux conséquences de prendre ses responsabilités, pour les prochains mois. Pour les prochains mois il n’est pas question de laisser les discussions s’ensiler. Je n’y reviens pas. Pour la suite, afin que le dialogue soit constructif et permanent, il faudra que nous soyons capables de faire évoluer les règles du jeu social. Ma conviction c’est que nous avons besoin d’organisations fortes. Or aujourd’hui la représentation sociale est éclatée, elle est fondée sur des critères obsolètes et sur un mode de financement inadapté. Je veux donc que soient examinés les critères de la représentativité et la question du financement.
Ma conviction c’est aussi que la loi et le règlement ne doivent pas limiter indûment le champ du contrat. Notre droit du travail est tellement complexe et étoffé qu’il bride le libre jeu de la négociation. Je souhaite qu’on se donne de l’espace pour respirer, pour que chacun s’approprie les règles et les adapte aux situations concrètes, sur la base de compromis constructifs, plutôt que de poursuivre dans l’affrontement stérile et déconnecté du réel. A côté de la norme législative et réglementaire qui fixe les principes généraux, il faut une vraie place pour des conventions qui engagent les partenaires sociaux à tous les niveaux interprofessionnels, branches territoriales ou entreprises.
Mais si on veut donner plus de place au dialogue social, il faut là encore prendre ses responsabilités. Nous avons besoin d’accords qui aient une plus grande légitimité qu’aujourd’hui, surtout s’ils aboutissent à des règles profondément innovantes. Il me parait donc essentiel qu’on réfléchisse aux conditions de validité des accords ou au moins de certains d’entre eux. Les partenaires sociaux m’ont dit qu’ils se concertaient pour savoir s’ils étaient prêts à avancer ensemble sur ces questions et j’attends leur réponse. J’espère que nous serons tous d’accord pour engager la réforme de notre système de relations sociales dès 2008.
Sur ce sujet comme sur tous les autres, je serai très ouvert sur les moyens et la méthode mais je ne transigerai pas sur les objectifs, ni sur les principes. Nous avons besoin d’organisations syndicales fortes, de davantage d’accords, d’un nouveau système de représentativité et d’un nouveau système de financement.
Mesdames et Messieurs, les Français m’ont confié la mission la plus exigeante qui soit : apporter des solutions concrètes à leurs préoccupations quotidiennes et à leurs aspirations pour eux et pour leurs enfants. Les Français m’ont donné ce qu’ils avaient de plus cher : leur confiance. Je n’aurai donc qu’une seule ligne de conduite : trouver ces solutions, innover, agir car nous n’avons ensemble qu’un seul droit, celui de réussir. Je vous remercie. »
En résumé :
- l’objectif de la réforme consiste à « harmoniser » les régimes spéciaux avec celui de la fonction publique, qui a été réformé en 2003 ;
- les principes communs de l’harmonisation seront précisés à l’issue de deux semaines de discussions, conduites par le Ministre du Travail, menées avec les confédérations et fédérations syndicales, les présidents des groupes et commissions parlementaires, et les directions d’entreprise ;
- des négociations seront ensuite engagées, entreprise par entreprise, pour tenir compte notamment des spécificités de chaque régime ;
- «tous les sujets seront mis sur la table » : allongement de la durée de cotisation, décote/surcote, indexation des pensions, bonifications, etc., mais aussi calendrier et rythme d’application de la réforme.
_____________________________
- MERCREDI 19 SEPTEMBRE 2007 -
_____________________________
Lors de l’interfédérale du 19 SEPTEMBRE 2007, la C.G.T. désire « construire ensemble » une grande action nationale dans la semaine du 15 au 19 OCTOBRE 2007, avec « un point dur » le 17 OCTOBRE. Cette proposition est validée par toutes les autres OS sauf la F.G.A.A.C. : la F.G.A.A.C. affirme qu’une grève de 24 heures ne sera pas suffisante.
C’est lorsque la F.G.A.A.C. a communiqué son intention dans la presse que SUD et FO ont réorienté leur choix vers une grève reconductible.
_____________________________
- VENDREDI 28 SEPTEMBRE 2007 -
_____________________________
La F.G.A.A.C. est reçue au ministère du travail par Xavier Bertrand. Fidèle à son principe, la F.G.A.A.C. expose au ministre son point de vue sur les régimes spéciaux. Après avoir justifié la réforme de retraites imposée par le chef de l’état, le ministre se dit prêt à négocier et à parler des problèmes des Agents de Conduite.
Pour la F.G.A.A.C., il est essentiel de préserver les outils qui permettent aux Agents De Conduite de faire valoir leur droit à la retraite à cinquante ans avec un taux de pension au moins équivalent à la situation actuelle. Nos bonifications traction sont donc en danger, il faudra fort probablement passer par une épreuve de force pour les préserver.
La F.G.A.A.C. a donc fait savoir que pour préserver ce droit elle était prête à passer par un mouvement social de grande envergure qui ne se limiterait pas forcément à 24 heures.
Devant la détermination de la F.G.A.A.C., les conseillers du ministre proposent des mesures des plus farfelues : rajouter du temps de repos, modifier les roulements pour qu’ils soient moins durs, alterner des tournées longues avec des tournées plus courtes etc.…
Bref, des revendications que toutes les Organisations Syndicales de la SNCF peuvent avoir toute l’année, mais qui ne correspondent absolument pas au schéma de production que s’est fixé l’Entreprise.
La F.G.A.A.C. a également rappelé que si nous pouvions partir à la retraite à cinquante ans, c’est que le calcul actuel du taux de pension le permet. Mais malheureusement, la décote prévue par le gouvernement risque de nous faire perdre jusqu’à 25% de nos retraites.
Inacceptable pour la F.G.A.A.C., il nous faudra batailler ferme sur ce point aussi, et assurément plus que 24 heures.
Seule concession du gouvernement à cet instant : passer la mesure en douceur avec un calendrier d’application sur une vingtaine d’année. Pour la F.G.A.A.C., cela ne résoudra pas le problème ! Pour l’instant, les négociations continuent avec le Ministère et seront bientôt déclinées au sein de l’Entreprise.
_____________________________
- LUNDI 1 OCTOBRE 2007 -
_____________________________
La F.G.A.A.C. est reçue par les conseillers techniques du ministre.
_____________________________
- MERCREDI 3 OCTOBRE 2007 -
_____________________________
Lors des débats engagés à l’assemblée nationale, M. Jean-Luc Préel député UDF, donne sa haute considération qu’il consent au métier de conducteur et de la pénibilité qui en découle : « (…/…) Désormais, il est sans doute plus pénible de ramasser des œufs dans un poulailler industriel ou de travailler aux abattoirs que de conduire un TGV. »
Acquiescement de M. Pierre Méhaignerie, président de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales !
_____________________________
- JEUDI 4 OCTOBRE 2007 -
_____________________________
La F.G.A.A.C. est à nouveau reçue par les conseillers techniques du Ministre. Devant l’intransigeance du Ministère, la F.G.A.A.C. réunit son bureau Fédéral et reçoit mandat pour le dépôt d’un préavis de grève reconductible pour le JEUDI 18 OCTOBRE.
Pour la F.G.A.A.C., tout reste à faire. Malgré les annonces qui ont pu être faites, nous n’avons en notre possession aucun document permettant d’affirmer que les bonifications traction seront maintenues. Aucun document fixant le calendrier, aucune lettre de cadrage aux Entreprises concernées.
__________________________
- LUNDI 8 OCTOBRE 2007 -
___________________________
Les Fédérations CGT – CFDT – CFTC- CFE/CGC déposent leur préavis de grève de 24 heures pour le JEUDI 18 OCTOBRE :
« Madame La Présidente,
Nos organisations refusent catégoriquement les évolutions imposées par le Président de la République aux régimes spéciaux de retraite dont celui de la SNCF. Ce refus est d’autant plus motivé que cette réforme sera suivie, comme annoncée par le Premier Ministre par un nouveau recul pour l’ensemble des régimes. Nos Fédérations portent par ailleurs l’exigence du maintien et du développement de l’ensemble des garanties statutaires.
Dans ce cadre, nous exigeons :
Le maintien et l’amélioration du régime spécial de protection sociale en s’appuyant pour une part importante sur:
- le développement de l’emploi à statut garant d’un meilleur service public et d’améliorations des conditions de travail et de ressources supplémentaires pour le financement de notre système de protection sociale;
- l’augmentation du pouvoir d’achat des cheminots actifs et retraités.
L’autre motif de ce préavis de grève porte sur la politique Fret menée par la Direction de la SNCF, avec l’approbation du Gouvernement, de plus en plus contestée en interne comme en externe.
En effet, un grand nombre de cheminots, de chargeurs, d’élus, de collectivités, la population exigent d’autres choix afin de développer le Fret SNCF pour améliorer l’aménagement du territoire, la sécurité, avec le souci de respecter l’environnement et pour répondre aux besoins de transports du plus grand nombre.
Alors que 7 organisations syndicales de la SNCF, porteuses de cette exigence, ont interpellé la Direction, ainsi que le Gouvernement pour décider d’un moratoire sur les évolutions liées à cette énième réorganisation notamment au niveau des installations, des dessertes et des emplois relatifs à l’activité fret, vous restez sourde à ces exigences et accentuez cette politique d’une manière unilatérale.
Face à cette situation, nos Fédérations exigent dans le cadre d’un débat public, une politique de relance du fret SNCF. Autour de propositions concrètes de développement, nous portons l’ambition de développer une véritable politique de volume.
Pour ce faire nous demandons :
- un moratoire permettant l’ouverture d’une concertation et d’une négociation sur la base des propositions de nos organisations ;
- un programme d’investissement pour renouveler et moderniser le parc réseau de wagons et locomotives;
- un programme de recrutement de cheminots au cadre permanent pour renforcer le réseau de vente, le système de production, l’entretien du matériel roulant et l’infrastructure.
Le respect du Décret 99.11.61 (RH 0077) et dans ce cadre l’arrêt du détachement d’agents SNCF, en particulier des agents de conduite, dans les filiales de transport ferroviaire.
Conformément à l’article L 521-3 du code du travail, les Fédérations Syndicales CGT – CFDT – CFTC- CFE/CCC, vous déposent un préavis de grève
à partir du Mercredi 17 Octobre à 20 heures
jusqu’au Vendredi 19 Octobre 2007 à 08 heures,
ce préavis couvre l’ensemble du personnel de la SNCF.
Les Fédérations Syndicales CGT – CFDT – CFTC- CFE/CGC sont disponibles pour engager des négociations sur les revendications exprimées dans le cadre de ce préavis.
Cette journée doit permettre au gouvernement et à la direction de prendre conscience de l’ampleur du mécontentement et de répondre aux revendications. Les Fédérations vous informent qu’elles décident d’ores et déjà de se retrouver après le 18 octobre pour analyser les réponses apportées et leur donner les suites qui s’imposent y compris, si nécessaire, par un conflit plus long.
Nous vous prions d’agréer, Madame La Présidente, l’expression de nos sentiments respectueux. »
Chacun remarquera le peu de sérieux de ces Fédérations appelant à une grève carrée de 24 heures contre la réforme des retraites…mais aussi sur d’autres sujets comme par exemple celui du FRET ! Rappelons que ces «24 heures» ne sont que le fruit d’un deal entre la C.G..T et la Direction de l’Entreprise afin de ne pas perturber la coupe du monde de rugby essentielle à l’image de marque de notre pays !
___________________________
- MARDI 9 OCTOBRE 2007 -
___________________________
La C.G.T. sort un tract intitulé « Privé-Public, Pour le droit à la retraite à 60 ans »
« A peine passée l’annonce du gouvernement de réformer en profondeur les régimes spéciaux, ce sont maintenant tous les régimes de retraites qui sont visés par une nouvelle réforme dès 2008. Si l’on en croit François Fillon, il s’agirait d’allonger la
durée d’assurance exigée pour pouvoir bénéficier d’une retraite pleine et entière.
Ce sera 41 annuités, puis 42, alors que 20 % des hommes et 50 % des femmes n’ont déjà pas les 40 exigées. C’est rendre impossible un départ en retraite à 60 ans à moins d’accepter une baisse drastique du montant de sa pension.
Mais le Premier Ministre ne s’arrête pas là. Il annonce la révision du dispositif carrières longues, de celui applicable aux basses pensions et veut rediscuter de la « réversion » entre conjoints. C’est une nouvelle régression sur toute la ligne qui est programmée pour tous les salariés. (…/…)
La Cgt veut débattre de ces choix d’avenir et propose un socle commun de garanties élevées pour tous, en matière de retraite quels que soient les régimes.
Cela consisterait en :
- un vrai droit au départ à la retraite à 60 ans et une possibilité réelle de choix pour le salarié ;
- un système de départ anticipé en retraite pour travaux pénibles ou pour répondre à des contraintes de service public ou aux tâches astreignantes ;
- un montant de retraite permettant à chacun un taux de remplacement de 75 % avec un minimum équivalent au Smic ;
- l’indexation des pensions sur les salaires.
L’affirmation d’un droit à retraite entier à 60 ans justifie dans chaque régime une durée d’assurance réellement accessible, qui doit prendre en compte les années d’études et les périodes de recherche d’emploi ainsi que tous les aléas de l’emploi.(…/…) »
___________________________
- MERCREDI 10 OCTOBRE 2007 -
___________________________
Le ministère reçoit toutes les organisations syndicales pour leur remettre le Document d’Orientation relatif à la réforme des régimes spéciaux de retraite. La F.G.A.A.C. a été reçue en fin d’après midi pour recevoir le document de 4 pages volontairement généraliste (parce que s’adressant à tous les régimes spéciaux).
DOCUMENT D’ORIENTATION RELATIF A LA REFORME
DES RÉGIMES SPÉCIAUX DE RETRAITE
« Les Français sont attachés à leur système de retraite par répartition. C’est pourquoi nous devons régulièrement le moderniser pour en assurer la pérennité. C’est ce qui a été entrepris pour les salariés du secteur privé, les indépendants, les agriculteurs et pour les fonctionnaires.
Les régimes spéciaux, qui sont le fruit de notre histoire, sont confrontés aux mêmes défis démographiques et financiers. L’objectif de la reforme vise à harmoniser, pour le présent et pour l’avenir, les principaux paramètres de ces régimes avec ceux applicables au régime de retraite de la fonction publique.
Il ne s’agit pas de nier les spécificités des métiers, ni des missions de service public qui sont accomplies. Ces spécificités demeureront. Le Gouvernement n’entend pas remettre en cause l’existence des régimes spéciaux de retraite mais au contraire garantir leur viabilité financière et donc leur pérennité.
Par ailleurs, comme le Président de la République s’y est engagé, nous devons veiller à ce que l’ensemble des Français soient placés sur un pied d’égalité. Cette harmonisation est donc nécessaire, et elle sera conduite dans le respect des agents, c’est-à-dire de façon progressive.
Une première phase de concertation est intervenue au cours des dernières semaines avec les directions des entreprises, les organisations syndicales, ainsi que les présidents des commissions et des groupes du Parlement. A ces rendez-vous et réunions techniques, se sont ajoutés les deux débats qui ont eu lieu au Sénat et a l’Assemblée nationale, les 2 et 3 octobre.
Ces échanges ont permis de définir, dans le cadre d’un document d’orientation et pour l’ensemble des régimes concernés, un socle de principes communs qui seront mis en œuvre à compter de l’année prochaine. Cette mise en œuvre tiendra compte des spécificités de chacun de ces régimes – c’est tout l’objet des négociations qui vont des maintenant s’ouvrir, dans chaque branche et chaque entreprise intéressée, entre les directions et les organisations syndicales.
I – Principes communs d’harmonisation
1- Progressivité de la réforme
La réforme sera progressive: quelle que soit la date de leur départ en retraite, les agents se verront appliquer les règles en vigueur l’année où ils étaient susceptibles de liquider leur pension.
Concrètement, cela signifie qu’un agent remplissant en 2008 les conditions pour partir en retraite verra sa retraite calculée avec les paramètres de 2008 même s’il part en 2009 ou en 2010.
2- Harmonisation de la durée de cotisation
Comme pour la Fonction Publique, la durée de cotisation pour obtenir une retraite complète sera progressivement portée de 37,5 ans à 40 ans.
Cette harmonisation sera étalée dans le temps : l’allongement de la durée de cotisation se fera à raison de deux trimestres par an, ce qui permet d’atteindre les 40 ans de cotisation en 2012.
La durée de cotisation aura ensuite vocation à évoluer comme dans le régime de la fonction publique.
3- Liberté du choix de l’âge de départ à la retraite
Pour garantir la liberté de choix des agents sur le moment de leur départ en retraite, les conditions et les âges d’ouverture des droits seront maintenus.
En parallèle, pour permettre aux agents qui le souhaitent de travailler plus longtemps, les « clauses couperets » autorisant la mise à la retraite d’office des salaries par leurs employeurs a un âge précoce seront supprimées.
4- Introduction d’une décote et d’une surcote
Comme dans la Fonction Publique et les autres régimes de retraite, pour encourager chacun a travailler plus longtemps et améliorer le niveau de sa pension, il sera instaure un système de surcote et de décote.
Le principe est le suivant : les assurés qui cotiseront au-delà de ce qui est nécessaire verront leur pension majorée ; à l’inverse, ceux qui partiront avant de remplir ces conditions verront leur pension minorée,
Le mécanisme de décote et de surcote sera mis en place progressivement selon le même calendrier et les mêmes paramètres que la fonction publique. Ainsi la décote commencera à produire ses effets à partir de 2010.
5- Indexation des pensions sur les prix
Afin de garantir le pouvoir d’achat des retraites des régimes spéciaux, leurs pensions seront indexées sur les prix. Cette indexation évoluera selon les mêmes modalités que dans taus les autres régimes de retraite.
6- Calcul de la pension
Pour calculer la pension, la référence sera le salaire des 6 derniers mois d’activité, sauf pour les régimes qui ont d’ores et déjà prévu des périodes de référence plus longues.
7- Régime des bonifications
Les dispositions en vigueur seront maintenues pour les agents des régimes spéciaux recrutés avant le 31 décembre 2008.
Pour les agents recrutés à compter du 1er janvier 2009, les bonifications telles qu’elles existent aujourd’hui seront modifiées : la spécificité des métiers devra désormais être prise en compte selon d’autres modalités qu’une réduction du nombre d’annuités de cotisations. Ces modalités seront définies dans le cadre de la négociation de branche ou d’entreprise.
II – Thèmes relevant de la négociation de branche ou d’entreprise
La liste qui suit n’est pas exhaustive. Les entreprises et branches qui le souhaitent pourront ajouter d’autres thèmes a la négociation sociale. Lorsqu’un accord aura été trouvé sur des thèmes relevant du domaine réglementaire, il appartiendra au Gouvernement de le traduire dans les textes correspondants.
1- Prise en compte de la spécificité des métiers
L’objectif est de prendre en compte la spécificité de certains métiers a travers par exemple l’aménagement des conditions de travail. Les éléments de rémunération, la gestion des parcours professionnels et des deuxièmes parties de carrière.
2- Emploi des seniors
Il s’agit d’adapter la gestion des ressources humaines a l’allongement de la vie professionnelle : formation, amélioration des conditions de travail, adaptation des postes, bilans professionnels, aide à I’ orientation, évolution de la grille des salaires pour les fins de carrière.
3- Complément de retraite pour les salariés
Les éléments de rémunération n’entrant pas aujourd’hui dans le calcul de la pension de retraite pourront être pris en compte sur le modèle du régime additionnel de retraite crée dans la fonction publique ou à travers la mise en place d’un dispositif d’épargne retraite de droit commun.
4- Durée minimale de service pour bénéficier du régime spécial
Afin de tenir compte de la mobilité des parcours professionnels, les durées minimales exigées pour bénéficier du régime spécial seront réduites.
5- Rachat d’années d’études
Comme pour les fonctionnaires et les autres salariés, il sera possible de racheter des années d’études supérieures au des années de cotisations incomplètes, ce qui est particulièrement utile pour ceux qui sont entrés tard sur le marché du travail.
6- Avantages familiaux et conjugaux
L’objectif est de respecter le principe d’égalité entre les hommes et les femmes, conformément au droit communautaire et d’harmoniser les avantages familiaux et conjugaux avec les règles de la fonction publique (bonifications pour enfants, liquidation précoce de la retraite, pension de réversion en cas de décès du conjoint).
7- Prise en compte du handicap et de l’invalidité
Les dispositions de la loi du 11 février 2005 permettant d’abaisser I’ âge d’ouverture des droits à la retraite pour les personnes handicapées ayant exercé une activité professionnelle seront étendues aux régimes spéciaux,
De la même manière, le régime des pensions d’invalidité pourra être rénové. »
___________________________
- JEUDI 11 OCTOBRE 2007 -
___________________________
La F.G.A.A.C. dépose son préavis de grève reconductible par 24 heures pour le JEUDI 18 OCTOBRE.
« Monsieur le Directeur,
Le contrat social qui lie notre Entreprise aux cheminots est construit d’équilibres entre contraintes et compensations.
Au titre des contraintes, les cheminots assurent des missions commerciales et de service public au quotidien, 24 heures sur 24, et 365 jours par an. Nombre d’entre eux subissent des horaires postés, voire atypiques pour les Agents de Conduite.
Le métier de conducteur impose des contraintes reconnues par l’Entreprise qui font l’objet de compensations spécifiques.
Au titre des compensations, les cheminots perçoivent des éléments particuliers de retraite gérés par une caisse spéciale et financés par un niveau de cotisations plus élevé que la moyenne.
La réforme des régimes spéciaux engagée remet en cause ces équilibres. La concertation initiée par le Ministère n’a pas permis de les rétablir.
En conséquence et en application de l’article L521.3 du code du travail :
La Fédération Générale Autonome des Agents de Conduite (F.G.A.A.C.) dépose un préavis de grève couvrant la période
du 17 octobre 2007 à 20 heures
au 19 octobre 2007 à 8 heures,
reconductible par période de 24 heures
si aucune évolution favorable aux revendications exprimées ci-dessous n’est apportée.
Ce préavis couvre l’ensemble des Agents de Conduite et ceux susceptibles de les remplacer, il est motivé par :
- Le maintien pour tous les cheminots de compensations inhérentes à leurs missions.
- La reconnaissance pour les Agents de Conduite des spécificités liées à leur métier au travers de la mise en place d’éléments spécifiques de calcul de leur pension de retraite.
Dans l’attente, recevez monsieur le Directeur des Ressources Humaines, mes sincères salutations.
Le secrétaire général Bruno DUCHEMIN. »
___________________________
- VENDREDI 12 OCTOBRE 2007 -
___________________________
Une rencontre interfédérale a lieu.
A l’issue de cette réunion, il a été décidé :
- L’envoi d’un courrier interfédéral à destination des cheminots (1).
- L’envoi d’un courrier à Xavier BERTRAND pour rappeler le contexte dans lequel va se situer le conflit (2).
(1) COMMUNIQUE DES FEDERATIONS CGT – CFDT – CFTC – UNSA – CFE/CGC – F.G.A.A.C.
« Les Fédérations Syndicales de cheminots se sont retrouvées ce jour 12 octobre, pour analyser la situation sociale dans la perspective du mouvement national unitaire de grève du 18 Octobre 2007 et des suites à y donner.
Le projet de documentation d’orientation remis aux Organisations Syndicales le 10 octobre par le Ministre du Travail dans le cadre de la réforme des régimes spéciaux de retraite a été ressenti comme une provocation supplémentaire.
Ce que le gouvernement prévoit, c’est la remise en cause des droits sociaux des cheminots actifs et retraités provoquant une baisse générale du niveau des pensions.
Les attaques contre les régimes spéciaux de retraite précèdent de nouvelles attaques contre le régime général avec une 3ème réforme des retraites prévue en 2008.
Il faudra travailler plus longtemps, cotiser plus cher, gagner moins en retraite ! Cette situation n’est pas acceptable ! D’autres solutions sont possibles ! L’égalité face à la retraite, nous sommes pour, mais par le HAUT !
Le mouvement national de grève du 18 OCTOBRE 2007 s’annonce fort à la SNCF et il se déroulera dans un contexte social interprofessionnel revendicatif.
Le gouvernement et la direction de la SNCF sont et seront encore plus, après le 18 octobre, face à leurs responsabilités.
Ils devront entendre la force des exigences qui s’exprimeront lors de cette mobilisation et leur apporter les réponses souhaitées.
D’ores et déjà, les Fédérations Syndicales de Cheminots CGT – CFDT – CFTC – UNSA – CFE/CGC – F.G.A.A.C. interpellent le gouvernement et la direction SNCF pour les informer qu’elles se retrouveront lundi 22 Octobre 2007 après-midi afin d’analyser le contexte social.
Elles indiquent que si aucune réponse satisfaisante n’était apportée aux raisons de ce conflit, elles décideront d’engager un mouvement national de grève, y compris de type reconductible, avec le dépôt d’un nouveau préavis national.
La balle est dans le camp du gouvernement et de la direction SNCF !
Les Fédérations Syndicales CGT – CFDT – CFTC – UNSA – CFE/CGC – F.G.A.A.C., demandent aux cheminots de continuer à se mobiliser pour le 18 Octobre et de rester unis dans la défense de leurs revendications et de leurs droits.
Paris, le 12 octobre 2007 »
(2) COURRIER DES FÉDÉRATIONS SVNDICALES DE CHEMINOTS CGT – CFDT- CFTC – UNSA – CFE/CGC – F.G.A.A.C.
AU MINISTRE DU TRAVAIL XAVIER BERTRAND
« Monsieur le Ministre,
Les Fédérations Syndicales des Cheminots CGT – CFDT – CFTC – UNSA – CFE/CGC -F.G.A.A.C. ont pris connaissance du document d’orientation relatif à la réforme des régimes spéciaux de retraites engagée sous votre responsabilité, au nom du gouvernement.
Le document transmis ne peut en aucun cas représenter un décret finalisé. Les fédérations syndicales sont en désaccord avec les mesures qui sont préconisées et affichées comme non négociables.
Elles vous rappellent leurs désaccords sur les principes mêmes exprimés dans ce document qui programment une prolongation de la durée d’activité, une baisse généralisée du niveau des pensions des cheminots et l’introduction de statuts différents entre salariés d’une même entreprise.
Cette perspective de reculs sociaux n’est ni acceptable pour les cheminots, ni de nature à améliorer la situation des retraites du régime général.
La première journée d’action et de grève du 18 octobre, qui s’annonce d’ores et déjà très suivie à la SNCF, dans toutes les catégories, est à considérer comme une étape de mobilisation, un avertissement pour le gouvernement et la direction de la SNCF.
Le gouvernement doit prendre la mesure de cette situation et entendre ce qui monte dans l’entreprise et dans le pays aujourd’hui.
Les cheminots, et leurs fédérations CGT – CFDT – CFTC – UNSA – CFE/CGC – F.G.A.A.C. seront très attentifs aux réponses qui pourraient être faites dans le cadre de cette première journée d’action.
D’ores et déjà, les fédérations syndicales CGT – CFDT – CFTC – UNSA – CFE/CGC -F.G.A.A.C., vous informent qu’elles se réuniront en interfédérale le lundi 22 octobre après-midi, afin de faire le point sur le processus de mobilisation engagé.
Sans inflexions significatives et rapides de votre part, nous serions dans l’obligation d’en appeler de nouveau à la mobilisation des cheminots, y compris pour engager un mouvement de grève reconductible avec le dépôt d’un nouveau préavis national de grève.
En souhaitant être entendus, veuillez agréer. Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments respectueux.
Paris, le 12 Octobre 2007 »
Au delà de ces deux courriers, la proposition a été faite d’interpeller la Présidente de la SNCF sur d’autres sujets évoqués par certaines fédérations et sortant du cadre des retraites .
La F.G.A.A.C. a rappelé sa position de maintenir le cap sur le problème des retraites et en particulier sur l’octroi de garanties suffisantes sur le maintien des spécificités liées au métier d’Agent de Conduite.
___________________________
- MARDI 16 OCTOBRE 2007 -
___________________________
La F.G.A.A.C. s’adresse au Directeur des Ressources Humaines de la S.N.C.F. :
« Monsieur le Directeur,
La réforme engagée par le gouvernement sur les régimes spéciaux de retraite remet en cause les équilibres existants entre les contraintes subies par les cheminots et les compensations apportées par l’Entreprise.
Les Agents de Conduite voient dans cette réforme les spécificités de leur métier insuffisamment reconnues. La concertation initiée par le Ministère, et poursuivie dans l’Entreprise dans le cadre de notre préavis de grève, n’a pas permis de rétablir ces équilibres. Nous sommes aujourd’hui dans une « logique de grève », grève considérée comme inéluctable tant la détermination des Agents de Conduite est forte.
Nous sommes tous conscients que cette situation est fortement préjudiciable à notre Entreprise, aux usagers de la SNCF, à notre clientèle, et dommageable pour les cheminots , qui ne l’ont pas souhaitée.
C’est pourquoi, afin de mener jusqu’au bout la concertation, la F.G.A.A.C. interpelle par la présente l’Entreprise afin que des garanties écrites soient apportées sur :
- Le maintien pour tous les cheminots de compensations inhérentes
- La reconnaissance pour les Agents de Conduite des spécificités liées à leur métier au travers de la mise en place d’éléments spécifiques de calcul de leur pension de retraite.
Plus précisément, la F.G.A.A.C. ne peut accepter une négociation dans l’Entreprise sans avoir obtenu au préalable des garanties sur les points suivants :
- Abaissement, pour les Agents de Conduite, de l’âge pivot à 55 ans
- Maintien pour les Agents de Conduite du choix entre les 36 derniers mois ou les 3 meilleures années de primes pour le calcul de la pension.
Pour le Personnel « en place » :
- Mise en place d’un régime additionnel de type « retraite complémentaire » pour améliorer le montant des pensions.
- Mesures particulières bénéficiant aux Agents de Conduite qui ont subi un retard dans leur carrière du fait de l’entreprise, ou d’ordre médical, et qui ne totalisent pas le nombre d’annuités nécessaires pour obtenir 60 mois de bonifications.
- Amélioration du système de prévoyance en cas de décès ou d’invalidité.
Pour le Personnel « futurs embauchés » (à partir du 1er janvier 2009) :
- Maintien de la reconnaissance des spécificités et des contraintes du métier d’Agent de Conduite par la possibilité d’anticiper le départ en retraite sans amputer le montant de la pension de l’agent.
- Mise en place d’un régime additionnel de type « retraite complémentaire » pour améliorer le montant des pensions.
- Mise en place d’un dispositif de rachat de trimestres ou de constitution d’un capital équivalent.
- Mise en place d’un capital décès, invalidité et complément de retraite.
La réponse de l’Entreprise à ces revendications exprimées par la F.G.A.A.C. devra être garantie par le gouvernement si elle s’avérait positive.
Ensuite, la concertation se poursuivra dans l’Entreprise et nous souhaitons qu’elle porte sur trois points principaux :
- Incorporation d’éléments supplémentaires dans l’assiette liquidable.
- Gestion de fin de carrière offrant le choix aux Agents de Conduite de prendre leur retraite, de continuer à conduire ou de choisir un emploi valorisant au mieux leurs compétences.
- Prise en compte de la revalorisation du métier d’Agent de Conduite dans le cadre d’une révision de la grille de rémunération.
- Harmonisation par le haut des règles de la fonction publique concernant les avantages familiaux et conjugaux avec le régime spécial des cheminots.
Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur, l’expression de ma sincère considération.
Le secrétaire général
Bruno DUCHEMIN. »
Ce même jour, MARDI 16 OCTOBRE 2007, la F.G.A.A.C. est reçue en conciliation dans le cadre de son préavis, au vu de l’absence de garanties écrites :
- pour le maintien pour tous les Cheminots de compensations inhérentes à leurs missions
- la reconnaissance pour les ADC de spécificités liées à leur métier au travers de la mise en place d’éléments spécifiques de calcul de leur pension de retraite.
La F.G.A.A.C. décide d’appeler à la grève.
La F.G.A.A.C. appelle donc ses militants et adhérents à se mobiliser pour une action de grande ampleur à partir du JEUDI 18 OCTOBRE sur son préavis.
COMMUNIQUE DE LA F.G.A.A.C. DU MARDI 16 OCTOBRE 2007
« La F.G.A.A.C. a déposé un préavis de grève reconductible et appelle les Agents de Conduite à se joindre à son mouvement dès le 17 octobre à 20h00 pour que la réforme sur les régimes spéciaux de retraite garantisse :
- Le maintien du régime spécial des cheminots.
Ce n’est que justice puisque le contrat de travail qui nous lie à l’entreprise fixe des obligations telles que les conditions particulières de réalisation du service public ou spécificités du transport ferroviaire.
Les cheminots financent également leur régime de retraite !
Par un taux de cotisation supérieur de 12% au régime général et cela pour percevoir un niveau de pension inférieur.
- Le maintien des spécificités du métier d’Agent de Conduite.
La pénibilité et les sujétions de notre métier justifient aujourd’hui et justifieront encore demain que les Agents de Conduite puissent devancer leur départ en retraite sans que leur niveau de pension en soit amputé par rapport aux autres cheminots.
- La possibilité de partir dès 50 ans doit être maintenue.
APPEL A LA GREVE
Du Mercredi 17 octobre à 20 heures au Vendredi 19 octobre à 8 heures
RECONDUCTIBLE par période de 24 heures
Ce que dit le document d’orientation du gouvernement :
- Maintien du régime spécial des cheminots avec harmonisation sur celui de la fonction publique;
- Passage de 37,5 à 40 années de cotisation pour obtenir une pension complète;
- Incitation à poursuivre sa carrière jusqu’à un âge dénommé « pivot » par la mise en place d’une décote;
- Indexation des retraites sur l’inflation.
A l’heure actuelle, la F.G.A.A.C. a réussi, au cours de ses rencontres avec le Ministre Xavier Bertrand et les membres de son cabinet, à faire prendre en compte :
- Le maintien du calcul sur les 6 derniers mois,
- Le maintien des bonifications traction pour tous les Agents de
- Conduite déjà présents dans l’entreprise,
- Le maintien de l’âge de départ en retraite à 55 ans pour tous les cheminots et 50 ans pour les Agents de Conduite.
Dans l’entreprise, les négociations en cours portent sur :
- La prise en compte des spécificités du métier d’Agent de Conduite,
- La gestion de fin de carrière offrant le choix aux Agents de Conduite de prendre leur retraite, de continuer à conduire ou de choisir un emploi valorisant au mieux leurs compétences.
- Aujourd’hui, même si certains dirigeants de l’entreprise mènent campagne pour casser le mouvement reconductible, rien n’est aujourd’hui acquis :
- Sur la prise en compte d’un âge pivot inférieur à 60 ans pour limiter au maximum la décote,
- Sur le maintien du choix entre les 36 derniers mois ou les 3 meilleures années de primes pour le calcul de la pension,
- Sur une quelconque prise en compte de nos spécificités en termes de décote au-delà du 31 décembre 2008,
- Sur le maintien pour les ADC recrutés à partir du 1er janvier 2009 d’un système de bonifications traction.
DEFENDONS NOS SPECIFICITES DE NOTRE METIER. PRESERVONS NOS DROITS SOCIAUX.»
___________________________
- JEUDI 18 OCTOBRE 2007 -
___________________________
Suite à la mobilisation massive des cheminots, la F.G.A.A.C. est reçue dans l’après-midi par le ministère.
Lors de cette rencontre, la F.G.A.A.C. obtient confirmation de :
- L’abaissement de l’âge pivot à 55 ans.
- La période de référence prise en compte pour les calculs des pensions restera la même qu’aujourd’hui.
- Reconnaissance des spécificités du métier d’ADC au delà du 1er janvier 2009 (Capital temps, rachat de trimestre valorisable)
- Mise en place d’un régime additionnel pour les éléments non liquidable de la rémunération soumis à la CSG et CRDS.
- Mesures pour « délais longs et délais d’attente long »
- Mesure de majoration du capital décès servit aux ayants droits des agents décédant dans l’exercice de leur activité professionnel.
- Négociation générale sur les évolutions de carrière et de rémunération des agents découlant de la prolongation de leur activité du fait de la réforme de leur régime de retraite.
Ce même jour, une réponse à la lettre du 16 OCTOBRE 2007 de la F.G.A.A.C. est apportée par la Direction de l’Entreprise.
RÉPONSE DE LA DIRECTION DES RESSOURCES HUMAINES SUITE A LA LETTRE DU
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA F.G.A.A.C. DATÉE DU 16 OCTOBRE 2007
« Monsieur le secrétaire général,
J’ai bien reçu votre courrier en date du 16 octobre 2007, et fais suite aux échanges que nous avons eus, mardi dernier, dans le cadre de l’audience de conciliation demandée par votre organisation au titre du préavis déposé par elle le 12 octobre.
En réponse aux différents points soulevés dans votre courrier, je suis aujourd’hui en mesure de vous apporter les différentes précisions suivantes :
1) En ce qui concerne les règles futures de calcul de la pension des agents de conduite présents dans l’entreprise :
- l’âge pivot, à partir duquel la décote s’annule, sera fixé à 55 ans, ce qui permet de limiter significativement l’impact de la décote,
- la période de référence prise en compte pour le calcul des pensions restera la même qu’aujourd’hui.
Ces points, essentiels, nous ont été confirmés par l’Autorité de Tutelle.
2) Concernant les personnels de conduite embauchés à compter du 1er janvier 2009, nous vous confirmons la volonté de l’entreprise de continuer à reconnaître les spécificités du métier d’agent de conduite. Conformément au point 7 du chapitre 1 de la «note d’orientation » du gouvernement, les bonifications telles qu’elles existent aujourd’hui seront modifiées, suivant de nouvelles modalités qu’il conviendra de définir dans le cadre de la « négociation d’entreprise ».
L’entreprise proposera, dans le cadre de cette négociation, un ensemble de mesures précises, basées sur un principe de cofinancement entre l’entreprise et les agents. Ces mesures bénéficieront aux nouveaux conducteurs embauchés à partir du 1er janvier 2009. Elles s’articuleront autour de trois volets principaux, portant sur la mise en place :
- permettant de constituer tout au long de la carrière un capital temps pouvant être valorisé – par la mise en place d’un plan d’épargne retraite d’entreprise – lors de la liquidation de la pension sous la forme d’une rente ou d’un capital venant compléter la pension de base,
- d’un régime additionnel de retraite destiné à améliorer le montant des pensions servies en fin de carrière,
- d’un mécanisme de rachat de trimestres valorisés (études, apprentissage..,) ou de constitution d’un capital équivalent en début de carrière.
Ces mesures, complémentaires, sur lesquelles nous avons recueilli l’accord de l’Autorité de Tutelle constitueraient un ensemble cohérent, venant se substituer au dispositif actuel des bonifications.
Elles seraient assorties pour les agents bénéficiaires d’un engagement de fidélité au sein de l’entreprise.
3) Je vous confirme également que l’entreprise proposera la mise en place d’un régime additionnel pour les éléments actuellement non liquidables de la rémunération soumis a CSG et CRDS, Ce régime sera étendu aux personnels de conduite actuellement en fonction, sur la base de leurs spécificités.
4) L’entreprise confirme par ailleurs son accord pour examiner les mesures particulières qui permettraient de prendre en compte la situation des agents de conduite qui n’atteindraient pas le nombre d’annuités nécessaires pour obtenir 60 mois de bonifications du fait de « délais longs » ou de « délais d’attente longs » (et, sous réserve d examen complémentaire, du fait de raisons d’ordre médical).
5) Je vous confirme mon accord de principe pour proposer une majoration importante du capital décès servi aux ayant droits des agents décédant dans l’exercice de leur activité professionnelle et pour demander à l’Autorité de Tutelle le bénéfice des dispositions relatives à l’invalidité telles qu’appliquées dans la Fonction Publique et qui s’avèrent plus favorable que notre dispositif de réforme.
6) S’agissant des points qui concernent les évolutions de carrière et de rémunération des agents découlant de la prolongation de leur activité du fait de la réforme du régime, je vous confirme qu’ils seront traités dans le cadre de la négociation générale qui va s’engager. Il en sera de même pour l’harmonisation des avantages familiaux et conjugaux.
Sur la base de ces différentes orientations, je vous propose de vous rencontrer le 24 OCTOBRE prochain afin d’en préciser davantage le contenu et les modalités d’application. J’informe les autres fédérations syndicales de la teneur du présent courrier en les invitant, si elles le souhaitent, à les recevoir sur les mêmes thèmes de discussion.
François NOGUE »
Avec ces premiers écrits, la F.G.A.A.C. décide donc de lever son préavis et de redonner une chance à la négociation.
Le 18 OCTOBRE 2007, la Direction de l’Entreprise adresse une lettre à la C.G.T. (Didier LE RESTE).
« Les différentes audiences de conciliation qui se sont tenues ces derniers jours dans le cadre des préavis déposés pour la journée du 18 octobre, ont été l’occasion pour l’entreprise d’aborder avec les fédérations les sujets relatifs à l’évolution du régime spécial des retraites d’une part, et l’avenir de Fret SNCF de l’autre.
Certaines d’entre elles, dont la vôtre, n’ont pas souhaité engager les discussions sur les différents éléments de la note d’orientation gouvernementale, qui devraient être menées au sein de l’entreprise sur les sept points relevant de son domaine de compétences.(…/…) »
Cette lettre prouve que la C.G.T. n’a jamais voulu participer (comme d’autres Fédérations) à des négociations qui ont toujours été ouvertes et qu’elle trompait les Cheminots en proclamant que la F.G.A.A.C. négociait en catimini.
A noter que SUD Rail et FO reconduisent la grève.
Le Secrétaire Général de la F.G.A.A.C. adresse une lettre ce même jour au Ministre Xavier BERTRAND afin d’assouplir le calendrier d’application du passage de 37,5 années à 40 années de cotisations ainsi que celui de la décote.
« Paris le 18 octobre 2007
Monsieur le Ministre,
La réforme engagée par le gouvernement sur les régimes spéciaux de retraite provoque de nombreuses inquiétudes parmi les personnels concernés.
L’âge de départ en retraite n’est pas la seule composante de ces inquiétudes, les interrogations des agents portent aussi très largement sur le montant de leurs futures pensions.
Les salariés craignent en effet de subir « la double peine » de la prolongation d’activité et de la baisse de leurs revenus.
Monsieur le Ministre, la Fédération Générale Autonome des Agents de Conduite vous demande, par la présente, d’apporter les précisions éventuelles et les ajustements nécessaires pour que ces inquiétudes soient levées.
D’autre part, afin de ne pas contrecarrer les orientations familiales des agents proches de leur départ en retraite, nous vous demandons d’assouplir quelque peu le calendrier d’application du passage de 37,5 années à 40 années de cotisations ainsi que celui de la décote.
En ce qui concerne les Agents de Conduite, la gestion de la fin de carrière ne peut déboucher sur une baisse du niveau de pension, y compris pour les agents qui accepteraient un poste autre que conducteur à temps plein. C’est pourquoi nous souhaitons que soient dissociés de leur décompte, la position de rémunération validée et les meilleurs mois de primes de la carrière.
Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression de notre sincère considération.
Le Secrétaire Général, Bruno DUCHEMIN. »
___________________________
- VENDREDI 19 OCTOBRE 2007 -
___________________________
Fortement interpellée par sa base, la C.G.T. tente alors de se justifier sur son choix de grève carrée ce jour.
Voici un exemple de l’un de ses tracts. Une attention toute particulière doit être portée sur sa manière de communiquer qui date d’un autre âge: « Il est indispensable d’éteindre radios et télévisions et de venir chercher des informations fiables au syndicat.«
« Chèr(e) collègue,
Pourquoi la CGT ne s’est pas placée dans le cadre d’une grève reconductible dès le 18 octobre ?
Cette position a peut être interpellé certains syndiqués !
Face au projet gouvernemental sur les retraites, il nous faut un rapport de force considérable pour faire reculer le ministre du travail dans toutes les entreprises concernées, mais aussi bien au delà, car en juin 2008, il est prévu une clause de revoyure dans le cadre de la réforme Fillon qui entraînera un rallongement des annuités de cotisations pour tous.
C’est ce que la CGT s’efforce de construire avec l’ensemble des salariés. (Tract aux usagers, tract aux portes des entreprises ! etc etc) , action dans lesquelles, sans vouloir polémiquer, seuls les militants CGT s’investissent.
Le succès incontestable de la journée du 18 confirme la justesse de notre position. 80 % de grévistes à EDF – GDF, 75 % à la SNCF, plus de 70 % à la RATP et mobilisation non négligeable dans la fonction publique et dans le privé. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement. Il devra apporter des réponses lors de l’entrevue qu’il nous accorde en milieu de semaine.
Sans réponse concrète, conformément aux décisions prises unitairement dès le 12 octobre, l’ensemble des organisations syndicales signataires (CGT, CFDT, CFTC, UNSA, CFE/CGC, UNSA) engageront un mouvement national de grève, y compris de type reconductible avec le dépôt d’un nouveau préavis national, (elles se revoient à ce sujet le 22 octobre) en souhaitant que FO et SUD Rail nous rejoignent.
Le même travail est engagé par les militants CGT dans l’ensemble des secteurs publics et privé. C’est la raison pour laquelle et en cohérence avec la démarche élaborée unitairement que nous avons décidé de ne pas participer aux différentes assemblées générales.
D’autre part, tu n’es pas sans ignorer la main mise du pouvoir sur les médias, les journalistes, eux mêmes, ont dénoncé par la grève cette situation, il y a quelques jours.
Dans ce contexte, il est indispensable d’éteindre radios et télévisions et de venir chercher des informations fiables au syndicat pour pouvoir argumenter concrètement sur le terrain auprès de nos collègues de travail.
L’unité dans l’action est le gage de la réussite de notre mouvement.
Nous comptons sur la détermination de l’ensemble des syndiqués pour gagner sur ce dossier difficile. »
___________________________
- SAMEDI 20 OCTOBRE 2007 -
___________________________
Lors d’un échange téléphonique avec le Secrétaire Général de la F.G.A.A.C. Bruno DUCHEMIN, le Secrétaire Général de la C.G.T. Cheminot, Didier Le Reste, furieux, annonce qu’il mettra tout en oeuvre pour prouver que l’Entreprise n’est pas en capacité de payer ce qui a été obtenu par la F.G.A.A.C. !
Plus d’un s’étonnera de l’incohérence des écrits minimisant ce que la F.G.A.A.C. a obtenu et des propos tenus ce jour !
___________________________
- LUNDI 22 OCTOBRE 2007 -
___________________________
Les Fédérations SUD Rail et FO qui avaient reconduit la grève depuis le 18 OCTOBRE engagent les cheminots dans un « conflit interprofessionnel » qui s’essoufflera rapidement.
___________________________
- MERCREDI 24 OCTOBRE 2007 -
___________________________
Conformément aux réponses et aux engagements obtenus le 18 OCTOBRE par l’action de grève reconductible F.G.A.A.C., la Direction a reçu ce jour une délégation F.G.A.A.C. afin d’apporter les premières réponses et précisions sur le calendrier et le programme des négociations.
- • Age « pivot » et modalités de calcul : Fixé à 55 ans et obtenu par la détermination de la F.G.A.A.C., il ne constitue pas un âge de départ en retraite, mais permet de limiter la décote pour tous les AdC anticipant leur départ en retraite. La Direction confirme que cette mesure sera applicable pour tous les AdC, qu’ils soient embauchés avant ou après le 1er janvier 2009. Les modalités de calcul actuelles sont maintenues, 6 derniers mois pour tous les cheminots et 36 derniers mois ou 3 meilleures années pour les agents de conduite.
- Bonifications De Traction : Maintenues en l’état pour les AdC déjà dans l’entreprise. La F.G.A.A.C. a obtenu la création d’un dispositif permettant de conserver la possibilité d’anticiper leur départ en retraite sans amputer leur pension pour les collègues qui seront embauchés après le 1er janvier 2009.
- Régime additionnel: Ce régime permettant de limiter les effets de la décote, bénéficiera à l’ensemble des cheminots. Les spécificités des AdC seront prises en compte dans ce régime afin que le capital constitué en fin de carrière tienne compte de leur durée de cotisation.
- Deuxième partie de carrière: La prolongation d’activité imposée par la réforme n’aura pas les mêmes conséquences pour les AdC que pour les autres cheminots. Problèmes liés au maintien de l’aptitude conduite, conditions de travail, choix de vie, sont autant d’éléments qui nécessitent que ces impacts soient anticipés et bien gérés.
La direction s’est engagée à proposer des aménagements de fin de carrière qui permettent de tenir compte de ces difficultés. Cela passe par l’adaptation de l’organisation du travail, mais aussi par la valorisation des compétences des Agents de Conduite. La F.G.A.A.C. a exigé une revalorisation de la rémunération de fin de carrière des agents de conduite qui permette d’augmenter leur part liquidable. Les plus qui ne figurent pas dans le document d’orientation du ministère !
- Mesure longs délais et délais longs : Déjà largement lésés dans leur déroulement de carrière, bon nombre de nos collègues courraient le risque de le payer chèrement pour le calcul de la pension. La F.G.A.A.C. a obtenu La prise en compte des trois années, normalement neutralisées, pour le calcul de leur pension. Les agents lésés du fait de raison médicale pourraient en bénéficier.
- Augmentation du capital décès et dispositions plus favorables contenues dans le régime de la fonction publique en cas d’invalidité : Chacun peut comprendre l’importance de cette mesure pour les agents de conduite, quotidiennement exposés aux risques ferroviaires. La prolongation de carrière en augmente le risque et pose également le problème du maintien des aptitudes conduite jusqu’à la fin de la carrière des AdC.
___________________________
- VENDREDI 26 OCTOBRE 2007 -
___________________________
A 17 heures 30, la F.G.A.A.C. sort un communiqué de presse.
COMMUNIQUE DE PRESSE
« La Fédération Générale Autonome des Agents de Conduite a été reçue ce jour par le Ministère du Travail, des Relations Sociales et de la Solidarité, rue de Grenelle à Paris, dans une deuxième série de rencontres.
La Fédération Générale Autonome des Agents de Conduite a engagé la discussion sur des propositions permettant d’aménager les fins de carrière en respectant au plus près les choix des agents de façon à valoriser leurs compétences, en termes d’organisation du travail et d’évolution de la rémunération.
Certains aspects de la réforme, les effets de la décote, le calendrier serré de passage de 37,5 années à 40 années de cotisations, ont été examinés afin de lisser au mieux leur impact.
La négociation engagée à la SNCF par la Fédération Générale Autonome des Agents de Conduite se trouve confortée lors de ces discussions avec l’Autorité de Tutelle.
Conformément au Chapitre 2 du Document d’orientation édité par le Ministère le 10 octobre 2007, il appartient au gouvernement de traduire en textes correspondants le résultat de cette négociation.
Le Ministre Xavier BERTRAND a déclaré que ces engagements seraient confirmés.
La concertation tripartite, entreprise, gouvernement et organisation syndicale, définie par la F.G.A.A.C. au soir du 18 octobre 2007, constitue un ensemble cohérent qui permet aux représentants du personnel de valider toute avancée obtenue. »
Faisant suite à ces négociations, le Ministre promulguera quelques jours plus tard des éléments complémentaires au document d’orientation relatif à la réforme des régimes spéciaux de retraite. »
___________________________
- LUNDI 29 OCTOBRE 2007 -
___________________________
La C.G.T. édite un tract donnant ses « Explications sur le contenu des courriers de la Direction transmis aux Organisations Syndicales« . Ce tract prouve sa volonté et ce, quelques soient les résultats des négociations, d’appeler inévitablement à la grève sur de multiples revendications (Fret, Emploi, Salaires et…Retraites !).
Il démontre aussi le fait que celle-ci sait pertinemment dès le début de la réforme qu’elle ne sera pas (comme d’autres) en mesure de s’opposer à cette réforme des retraites.
« Le 18 octobre 2007, jour de la grève suivie par plus de 75% de cheminots tous collèges et par plus de 85% des agents de la traction, les organisations syndicales ont reçu un courrier de la Direction apportant des précisions sur un certain nombre de points suite aux tractations avec la FGAAC.(…/…)
D’autre part, la CGT, dans un esprit de cohérence, ne dissocie pas les questions liées à l’avenir de l’entreprise, en particulier celui du Fret-SNCF, de l’emploi, des salaires avec celles concernant le maintien et l’amélioration des régimes spéciaux dont celui des cheminots.(…/…)
Ces mesures, prises isolément (mauvaises ou bonnes), constituent un ensemble indissociable qui contribue à la remise en cause du régime spécial des cheminots avec ses spécificités conduite.
Montreuil, le 29 octobre 2007. »
La manipulation est de mise une fois encore et le préavis qui en suivra le lendemain nous le prouvera.
___________________________
- MARDI 30 OCTOBRE 2007 -
___________________________
A la suite du courrier de l’entreprise en date du 18 octobre 2007 et du compte rendu de la rencontre du 24 octobre 2007, il a été décidé ce jour à l’issue de l’Audience F.G.A.A.C. d’adopter un relevé de conclusions relatif notamment aux modalités de remplacement des bonifications de traction qui seront ouvertes aux agents de conduite recrutés à compter du 1er janvier 2009.
RELEVÉ DE CONCLUSIONS DE L’AUDIENCE F.G.A.A.C.
« Avertissement. Ce relevé de conclusions ne préjuge pas des évolutions éventuelles qui pourraient être apportées aux cadrages gouvernementaux. Il sera adapté autant que de besoin en cas d’évolution des barèmes (durée d’assurance, taux et nombre de trimestres de décote, âges pivot) ou du calendrier d’évolution des paramètres du régime spécial énoncés dans la partie 1 « Principes communs d’harmonisation » du Document d’orientation relatif à la réforme des régimes spéciaux de retraite remis par le Gouvernement le 10 octobre 2007.
I. Conformément au point 7 du chapitre 1 de la « note d’orientation » du gouvernement, l’entreprise reconnaît les spécificités du métier d’agent de conduite et propose de remplacer les bonifications de traction par un ensemble de mesures, basées sur un principe de cofinancement entre l’entreprise et les agents recrutés à compter du 1er janvier 2009. L’entreprise prendra à sa charge entre 70 et 80% du coût de ces mesures.
II. un ensemble de trois dispositifs sera mis en place après la signature d’accords collectifs spécifiant les modalités précises de leur mise en œuvre :
- Les agents de conduite recrutés à compter du 1er janvier 2009 seront obligatoirement affiliés au dispositif de retraite additionnelle que l’entreprise ouvrira à l’ensemble des agents. Les principales caractéristiques de ce dispositif de retraite additionnelle sont décrites dans la fiche n°1 ;
- Les agents de conduite recrutés à compter du 1er janvier 2009 auront la possibilité de déposer les périodes de congé et de repos non prises sur un compte épargne temps (fiche 2) qui sera mis en place par accord collectif.
- L’entreprise complètera jour pour jour l’épargne temps de cette catégorie d’agents dans la limite de ( ) jours par an. Les agents de conduite pourront transformer les droits affectés au compte épargne temps en épargne en vue de la retraite en les transférant dans un plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO) qui sera mis en place par accord collectif ou dans un plan d’épargne retraite d’entreprise (PERE) dans l’hypothèse où ce type de dispositif est introduit dans l’entreprise ;
- L’entreprise s’engage à participer au financement, à hauteur de 70% du coût et dans la limite de ( ) trimestres, du rachat de trimestres d’études supérieures ou de périodes non cotisées au régime spécial de la SNCF, accomplies dans l’entreprise avant l’admission au cadre permanent, à condition que cette disposition soit ouverte aux intéressés (fiche 3). Compte tenu du nombre limité d’agents pouvant être concernés par le rachat de trimestres l’entreprise étudiera également la mise en place au moment de l’embauche d’un dispositif spécifique d’un montant équivalent, basé sur les produits de retraite de type Assurance.
III. Conformément au point 4 de la lettre DRH n°213 du 18/10/2007 l’entreprise confirme son accord pour examiner les mesures particulières qui permettraient de prendre en compte la situation des agents de conduite qui n’atteindraient pas le nombre d’annuités nécessaire pour obtenir 60 mois de bonifications du fait de « délais longs » ou de « délais d’attente longs » (et, sous réserve d’examen complémentaire, du fait de raisons d’ordre médical). La date de l’OSVC sera déterminée en prenant en compte la période d’attente.
IV. L’entreprise convient de faire lors de la réunion du 06 novembre une proposition d’amélioration de l’allocation décès servie aux ayant droits lorsque le décès en service est consécutif à un accident de chemin de fer.
V. Les mesures liées à l’aménagement des fins de carrière des agents de la traction seront abordées lors de la réunion du 12 novembre. La question de l’évolution de la rémunération des agents qui prolongent leur activité au-delà de 50 ans sera examinée. »
Dans le même temps, les Fédérations Syndicales CGT – FO – CFTC – SUD-Rail – UNSA – CFE/CGC déposent un préavis reconductible par période de 24 heures à partir du mardi 13 novembre 2007 à 20 heures comportant de multiples revendications (2 lignes sur les retraites et un couplet sur le Fret, l’emploi et les salaires).
« Madame La Présidente,
Après les rencontres ou Ministère du Travail, les fédérations font le constat qu’aucune proposition nouvelle n’a été avancée. Le Ministre faisant abstraction de la grève massive du 18 octobre dernier. le gouvernement et la direction de la SNCF portent donc l’entière responsabilité de ce nouveau préavis de grève.
Dans ce cadre, nous exigeons le maintien et l’amélioration du régime spécial de retraite et de ses droits en s’appuyant pour une part importante sur:
- le développement de l’emploi à statut garant d’un meilleur service public et d’améliorations des conditions de travail et de ressources supplémentaires pour le financement de notre système de protection sociale;
- l’augmentation du pouvoir d’achat des cheminots actifs et retraités.
L’autre motif de ce préavis de grève porte sur la politique Fret menée par la Direction de la SNCF, avec l’approbation du Gouvernement, de plus en plus contestée en interne comme en externe.
En effet, un grand nombre de cheminots, de chargeurs, d’élus, de collectivités, la population exigent d’autres choix afin de développer le Fret SNCF pour améliorer l’aménagement du territoire, la sécurité, avec le souci de respecter l’environnement et pour répondre aux besoins de transports du plus grand nombre.
Alors que 7 organisations syndicales de la SNCF, porteuses de cette exigence, ont interpellé la Direction, ainsi que le Gouvernement pour décider d’un moratoire sur les évolutions liées à cette énième réorganisation notamment au niveau des
installations, des dessertes et des emplois relatifs à l’activité fret, vous restez sourde à ces exigences et accentuez cette politique d’une manière unilatérale.
Face à cette situation, nos Fédérations exigent dans le cadre d’un débat public, une politique de relance du fret SNCF. Autour de propositions concrètes de développement. nous portons l’ambition de développer une véritable politique de volume.
Pour ce faire nous demandons :
- un moratoire permettant « ouverture d’une concertation et d’une négociation sur la base des propositions de nos organisations ;
- un programme d’investissement pour renouveler et moderniser le parc réseau de wagons et locomotives;
- un programme de recrutement de cheminots au cadre permanent pour renforcer le réseau de vente, le système de production, l’entretien du matériel roulant et l’infrastructure;
Le respect du Décret 99.11.61 (RH0077) et dans ce cadre l’arrêt du détachement d’agents SNCF, en particulier des agents de conduite, dans les filiales de transport ferroviaire.
Conformément à l’article L521-3 du Code du Travail, les Fédérations Syndicales, CGT – FO – CFTC – SUD-Rail – UNSA – CFE/CGC vous déposent un préavis de grève, pour une durée illimitée, reconductible par période de 24 heures
à partir du mardi 13 novembre 2007 à 20 heures.
Ce préavis couvre l’ensemble du personnel de la SNCF.
Les Fédérations Syndicales CGT -FO – CFTC- SUD-rail – UNSA – CFE/CGC sont disponibles pour engager des négociations sur les revendications exprimées dans le cadre de ce préavis.
Nous vous prions d’agréer, Madame La Présidente. l’expression de nos sentiments respectueux.
Paris. le 31 octobre 2007. »
___________________________
- LUNDI 5 NOVEMBRE 2007 -
___________________________
Ce jour, la C.G.T. adresse un courrier à la Présidente de la S.N.C.F. sur la politique du Fret lui rappelant qu’elle devrait profiter du préavis de grève pour changer radicalement de cap. La réforme des retraites passe au second plan.
« Madame la Présidente,
La période actuelle est caractérisée par une mobilisation massive des cheminots, qui s’est exprimée notamment le 18 octobre dans le cadre d’une grève suivie à plus de 75 % tous collèges confondus.
Ce mouvement social est, certes, motivé par la réforme des régimes spéciaux de retraites, mais également par le rejet de votre politique pour l’entreprise publique caractérisé par un ras le bol face aux restructurations tout azimut menées tambour battant par la Direction de l’entreprise, en particulier dans la branche Fret.
Gouvernement et Direction doivent arrêter le dépeçage de Fret SNCF qui va à l’opposé des ambitions affichées pour le ferroviaire dans le Grenelle de l’Environnement. Ils doivent donner les moyens pour maintenir et développer les infrastructures, les gares, les emplois s’y rattachant.
Pour ce qui vous concerne, malgré ce coup de semonce du 18 octobre d’une ampleur exceptionnelle dans l’histoire de la SNCF, vous persistez dans votre attitude en affichant une volonté de dialogue social dans les médias, sans jamais véritablement le mettre en œuvre dans les faits. (…/…)
La CGT vous a présenté un document de 17 pages comportant des propositions concrètes pour l’avenir de Fret SNCF. Plutôt que de les dévoyer dans les médias, comme dans votre interview accordée au journal « LES ECHOS » paru le 30 octobre, vous devez décider d’un moratoire et organiser une vraie concertation pour y répondre comme vous le demandent, depuis des mois, plusieurs Fédérations Syndicales de cheminots.
Le 31 octobre, les organisations syndicales CGT, FO, CFTC, SUD-RAIL, UNSA et CFE/CGC, ont déposé un préavis de grève pour une durée illimitée à partir du mardi 13 novembre 2007 à 20 heures.
La CGT vous invite à mettre à profit cette période pour décider d’un changement de cap radical permettant au Fret SNCF d’être le pivot d’une politique des transports multimodale et intégrée.
Dans l’attente de vos nouvelles, veuillez agréer, madame la Présidente, l’expression de nos sentiments respectueux.
Didier LE RESTE. »
___________________________
- MARDI 6 NOVEMBRE 2007 -
___________________________
Le Ministère, faisant suite aux discussions engagées avec la F.G.A.A.C., apporte de nouveaux éléments.
ÉLÉMENTS COMPLÉMENTAIRES AU DOCUMENT D’ORIENTATION
RELATIF A LA REFORME DES RÉGIMES SPÉCIAUX DE RETRAITE
« Les organisations syndicales ont été reçues depuis le 24 octobre au ministère du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité et certaines d’entres elles ont formulé à cette occasion des propositions précises visant à amender le document d’orientation remis par le Gouvernement le 10 octobre dernier à l’issue de la première phase de concertation.
Elles ont demandé au Gouvernement davantage de progressivité dans l’allongement de la durée de cotisation et dans les modalités d’application de la décote afin de prendre en compte les conséquences de la réforme sur le niveau des pensions et donc le pouvoir d’achat des futurs retraités.
Elles ont également souhaité obtenir des précisions et des garanties sur le calendrier et le contenu des négociations de branche ou d’entreprise afin de pouvoir mesurer globalement les conséquences de la réforme sur le montant des retraites.
Xavier Bertrand a étudié attentivement ces propositions et plusieurs réunions ont été organisées la semaine dernière avec son cabinet pour déterminer dans quelle mesure il était possible de prendre en compte certaines propositions sans remettre en cause les principes de la réforme.
A l’issue de cette 2ème phase de concertation, il apparaît que des aménagements sont possibles sur les points suivants :
- Harmonisation de la durée de cotisation
Le Gouvernement reste déterminé à porter à 40 ans la durée de cotisation d’ici 2012.
Pour mieux prendre en compte la situation des salariés proches de la retraite, la réforme entrerait en vigueur au 1er juillet 2008 et la durée de cotisation augmenterait ensuite progressivement au rythme d’un trimestre par semestre, jusqu’au 1er décembre 2012 où elle serait portée à 160 trimestres, comme elle l’est aujourd’hui dans la fonction publique.
La durée de cotisation aura ensuite vocation à évoluer comme dans le régime de la fonction publique.
- Modalités d’application de la décote
Le Gouvernement confirme l’introduction d’un mécanisme de décote et de surcote nécessaires à l’équilibre général de la réforme.
Pour autant, la décote ne doit pas pénaliser les salariés qui joueront le jeu de la réforme c’est-à-dire ceux qui augmentent leur durée d’activité proportionnellement à l’augmentation de la durée de cotisation (soit 2 ans ½ de plus pour une durée de 40 ans). Le mécanisme envisagé dans le document d’orientation serait donc amendé à cet effet.
- Indexation des pensions sur les prix
Le Gouvernement confirme que les pensions des salariés des régimes spéciaux évolueront à l’avenir sur la base des prix, comme celles des fonctionnaires et du secteur privé. Ce mode d’indexation sera effectif à compter du 1er janvier 2009.
- Prise en compte de la spécificité des métiers et bonifications
Le Gouvernement confirme le maintien du régime des bonifications pour les salariés recrutés avant le 31 décembre 2008 et sa volonté que la spécificité des métiers soit prise en compte à l’avenir selon d’autres modalités à définir dans le cadre de la négociation de branche ou d’entreprise : conditions de travail, aménagement des secondes parties de carrière, éléments de rémunération complémentaires.
Pour progresser dans la réflexion sur la prise en compte de la pénibilité, un organisme tripartite pourrait être mis en place pour apprécier dans le cadre d’une approche transversale (aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public) la nature des activités pénibles ayant une incidence sur l’espérance de vie et les conséquences à en tirer le cas échéant.
Ces ultimes propositions gouvernementales s’appliqueront dans les entreprises ou les branches concernées dès lors qu’un nombre significatif d’organisations syndicales auront pris acte des paramètres généraux de la réforme ainsi amendés, se seront engagées dans les négociations d’entreprises ou de branches et auront ainsi fait prévaloir le dialogue sur le conflit. Le Gouvernement reste très attentif à la réussite de ces négociations. »
Ce MARDI 6 NOVEMBRE 2007, une délégation F.G.A.A.C. est reçue dans le cadre des négociations par l’Entreprise et des avancées sont obtenues pour les ADC :
- Maintien des bonifications tractions dans l’état pour les ADC embauchés avant le 1er Janvier.
- Maintien de la possibilité de partir à 50 ans
- Abaissement de l’âge pivot à 52,5 ans
- Dissociation entre traitement et prime de traction pour le calcul des 3 meilleures années ou des 36 derniers mois (article 14 du règlement des retraites)
- Mise en place un dispositif à trois composantes pour compenser la fin des bonifications traction pour les ADC embauchés après le 1er Janvier 2009 :
- un dispositif de retraite additionnelle portant sur la part non liquidable de la rémunération
- la mise en place d’un compte épargne temps pouvant être transféré dans un plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO). L’entreprise abonderait à la hauteur de ce que l’agent de conduite épargnerait jusqu’à 7 jours par an
- la mise en place d’un dispositif de type assurance obligatoire pour tout nouvel embauché ou la participation de l’entreprise au financement du rachat d’années d’études à hauteur maximale de 8 trimestres.
Ces trois mesures seront cofinancées entre l’entreprise et l’agent, l’entreprise prenant à sa charge près de 80% de leur coût.
Leur effet cumulé dépasse la simple compensation de la suppression des bonifications dans leur forme actuelle.
- Prise en compte des délais d’attente de certains agents de conduite pour le calcul de l’origine des services valables pour la conduite (OSVC)
- Examen également des cas d’agents reclassés pour inaptitude à la conduite qui sont pénalisés par les trois années de neutralisation des bonifications.
- Demande d’affiliation au régime de tous les apprentis de plus de 18 ans actuellement présents dans l’entreprise et de tous ceux qui seront embauchés dans le futur. Un examen complémentaire sera effectué pour ce qui concerne les anciens apprentis de plus de 18 ans pour une éventuelle prise en compte rétroactive et partielle selon les classes d’âge de porter auprès des pouvoirs publics la révision des modalités de détermination du salaire
- Triplement de l’allocation décès en cas de décès en service (cette mesure sera bien sûr applicable à l’ensemble des cheminots). A titre indicatif le montant actuel du capital versé est de 1 an de salaire brut. Sur le second point, l’entreprise demandera aux pouvoirs publics la transposition au régime SNCF des mesures décidées en 2003 pour la fonction publique :
- de maintenir la possibilité d’un départ anticipé pour les mères de famille de 3 enfants et d’étendre cette possibilité aux pères ;
- de prendre en compte gratuitement les interruptions d’activité pour enfants (temps partiel, congé parental, congé de présence parentale, disponibilité) à partir de la date de mise en œuvre de la réforme dans une limite de 3 années ;
- d’attribuer gratuitement 2 trimestres de majoration de durée d’assurance (pour la décote) aux femmes cheminotes pour chaque enfant né à partir de la date de mise en œuvre de la réforme en cas d’interruption de moins de 6 mois ;
- d’attribuer dans les conditions du point précédent 1 trimestre de majoration par période d’éducation de 30 mois d’un enfant handicapé à domicile (maximum de 4 trimestres) ;
- de servir une pension d’orphelin égale à 10% de la pension directe en plus de la réversion au conjoint survivant.
Pour les autres services :
- L’ouverture des droits a la retraite reste fixée à 55 ans et la suppression de la décote interviendra dans tous les cas à l’issue de la reforme à 60 ans.
- Plusieurs mesures sont décidées ou envisagées :
- la mise en place d’un régime de retraite additionnel permettant d’attribuer un complément de retraite base sur les éléments non liquidables de la rémunération.
- la mise en place d’un compte épargne temps permettant à chaque agent d’épargner dans des limites a définir des jours de repos et congés non pris.
- la mise en place d’un rachat d’années d’études, pour lequel l’entreprise étudiera ses possibilités de participation financière.
___________________________
- MERCREDI 7 NOVEMBRE 2007 -
___________________________
Une pluie de préavis de grève régionaux apparait à la S.N.C.F. dans le seul but de mobiliser un maximum de Cheminots contre la réforme des retraites. Certains, pourtant, en ont même oublié de citer les retraites dans leurs revendications !
« Madame la Directrice,
En application de l’article L. 521. 3 du code du travail nous vous déposons un préavis de grève illimité à partir du dimanche 18 novembre 2007 à 20H00, reconductible par période de 24 heures.
Ce préavis couvre l’ensemble des agents exécution, maitrise et cadre de la région de Paris Rive Gauche, ainsi que ceux qui seraient amenés à les remplacer.
Ce préavis est motive par :
- la réforme en cours de l’assurance maladie avec la mise en place des franchises médicales et ses conséquences néfastes sur la CPR,
- la répression à l’encontre des militants syndicaux
- la dégradation des roulements ADC banlieue et GL
- la baisse continue des effectifs sur la région,
- la mise en place du PRI,
- l’augmentation uniforme des salaires d’au moins 300 euros pour tous
- le regroupement des BCC et caisses principales,
- le non respect de l’IN 2424 pour le travail de nuit à l’Equipement,
Pour le syndicat régional SUD Rail. »
A cette date (soit 7 jours avant le début de la grève des Fédérations CGT – FO – CFTC – SUD-Rail – UNSA – CFE/CGC), la F.G.A.A.C. précise à ses militants dans des documents internes que la grève annoncée pour le 13 NOVEMBRE au soir a pour but de s’opposer à la politique globale du gouvernement au travers d’un grand mouvement unitaire, interprofessionnel, qui débutera le 13 NOVEMBRE à la SNCF et connaîtra SON APOTHÉOSE AUX ALENTOURS DU 20 lors d’une grande manifestation dans la rue organisée par la C.G.T.
De là à croire que tout était planifié, il n’y a qu’un pas et c’est exactement ce qui se passera !
___________________________
- VENDREDI 9 NOVEMBRE 2007 -
___________________________
Une réponse est apportée par la Ministère du Travail à la lettre de la F.G.A.A.C. datée du 18 OCTOBRE 2007 (lettre que nous reproduisons ci-dessous). Ce courrier apporte des réponses sur les spécificités des Agents De Conduite. De plus, une attention particulière est précisée sur la situation de ces derniers en fin de carrière dans le cadre de l’articulation entre la position de rémunération validée et le niveau des primes qui positionne clairement la F.G.A.A.C. par rapport à ses demandes.
« Paris le 18 octobre 2007
Monsieur le Ministre,
La réforme engagée par le gouvernement sur les régimes spéciaux de retraite provoque de nombreuses inquiétudes parmi les personnels concernés.
L’âge de départ en retraite n’est pas la seule composante de ces inquiétudes, les interrogations des agents portent aussi très largement sur le montant de leurs futures pensions.
Les salariés craignent en effet de subir « la double peine » de la prolongation d’activité et de la baisse de leurs revenus.
Monsieur le Ministre, la Fédération Générale Autonome des Agents de Conduite vous demande, par la présente, d’apporter les précisions éventuelles et les ajustements nécessaires pour que ces inquiétudes soient levées.
D’autre part, afin de ne pas contrecarrer les orientations familiales des agents proches de leur départ en retraite, nous vous demandons d’assouplir quelque peu le calendrier d’application du passage de 37,5 années à 40 années de cotisations ainsi que celui de la décote.
En ce qui concerne les Agents de Conduite, la gestion de la fin de carrière ne peut déboucher sur une baisse du niveau de pension, y compris pour les agents qui accepteraient un poste autre que conducteur à temps plein. C’est pourquoi nous souhaitons que soient dissociés de leur décompte, la position de rémunération validée et les meilleurs mois de primes de la carrière.
Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression de notre sincère considération.
Le Secrétaire Général, Bruno DUCHEMIN. »
RÉPONSE DU MINISTRE DU TRAVAIL
« Monsieur le Secrétaire Général,
J’ai bien reçu votre courrier du 18 octobre dernier relatif à la réforme du régime spécial de retraites des cheminots. Je vous en remercie.
Depuis le 24 octobre dernier, les organisations syndicales ont été reçues au ministère du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité et certaines d’entres elles, dont votre organisation, ont formulé à cette occasion des propositions précises visant à amender le document d’orientation remis par le Gouvernement le 10 octobre dernier à l’issue de la première phase de concertation.
Votre organisation, à l’instar d’autres organisations syndicales, a demandé au Gouvernement, davantage de progressivité dans l’allongement de la durée de cotisation et dans les modalités d’application de la décote afin de prendre en compte les conséquences de la réforme sur le niveau des pensions et donc le pouvoir d’achat des futurs retraités.
Vous avez également souhaité obtenir des précisions et des garanties sur le calendrier et le contenu des négociations de branche ou d’entreprise afin de pouvoir mesurer globalement les conséquences de la réforme sur le montant des retraites.
J’ai étudié attentivement ces propositions et plusieurs réunions ont été organisées la semaine dernière avec mon cabinet pour déterminer dans quelle mesure il était possible de prendre en compte certaines propositions sans remettre en cause les principes de la réforme.
A l’issue de cette 2ème phase de concertation, il apparaît que des aménagements sont possibles sur les points suivants:
- Harmonisation de la durée de cotisation
Le Gouvernement reste déterminé à porter à 40 ans la durée de cotisation d’ici 2012.
Pour mieux prendre en compte la situation des salariés proches de la retraite, la réforme entrerait en vigueur au 1er juillet 2008 et la durée de cotisation augmenterait ensuite progressivement au rythme d’un trimestre par semestre, jusqu’au 1er décembre 2012 où elle serait portée à 160 trimestres, comme elle l’est aujourd’hui dans la fonction publique.
La durée de cotisation aura ensuite vocation à évoluer comme dans le régime de la fonction publique.
- Modalités d’application de la décote
Le Gouvernement confirme l’introduction d’un mécanisme de décote et de surcote nécessaires à l’équilibre général de la réforme.
Pour autant, la décote ne doit pas pénaliser les salariés qui joueront le jeu de la réforme c’est-à-dire ceux qui augmentent leur durée d’activité proportionnellement à l’augmentation de la durée de cotisation (soit 2 ans ½ de plus pour une durée de 40 ans). Le mécanisme envisagé dans le document d’orientation serait donc amendé à cet effet.
- Indexation des pensions sur les prix
Le Gouvernement confirme que les pensions des salariés des régimes spéciaux évolueront à l’avenir sur la base des prix, comme celles des fonctionnaires et du secteur privé. Ce mode d’indexation sera effectif à compter du 1er janvier 2009.
- Prise en compte de la spécificité des métiers et bonifications
Le Gouvernement confirme le maintien du régime des bonifications pour les salariés recrutés avant le 31 décembre 2008 et sa volonté que la spécificité des métiers soit prise en compte à l’avenir selon d’autres modalités à définir dans le cadre de la négociation de branche ou d’entreprise : conditions de travail, aménagement des secondes parties de carrière, éléments de rémunération complémentaires.
Pour progresser dans la réflexion sur la prise en compte de la pénibilité, un organisme tripartite pourrait être mis en place pour apprécier dans le cadre d’une approche transversale (aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public) la nature des activités pénibles ayant une incidence sur l’espérance de vie et les conséquences à en tirer le cas échéant.
Ces ultimes propositions gouvernementales s’appliqueront dans les entreprises ou les branches concernées dès lors qu’un nombre significatif d’organisations syndicales auront pris acte des paramètres généraux de la réforme ainsi amendés, se seront engagées dans les négociations d’entreprises ou de branches et auront ainsi fait prévaloir le dialogue sur le conflit.
En l’occurrence, ces dispositions pourraient être mises en œuvre à la SNCF si un nombre significatif d’autres organisations syndicales prennent acte des paramètres généraux de la réforme et s’engagent, comme vous l’avez fait, dans les négociations d’entreprise. Le Gouvernement reste très attentif à la réussite de ces négociations.
En outre, j’ai pris note de votre demande d’examen de la situation des agents de conduite en fin de carrière, notamment dans l’articulation entre la position de rémunération validée et le niveau des primes. J’ai demandé à mes services d’étudier ce point et de voir dans quelle mesure il était possible d ‘y apporter une réponse favorable.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de mes salutations distinguées.»
_________________________________________________
Comme nous venons de le voir avec des éléments concrets, au travers de nombreux échanges de courriers entre la F.G.A.A.C. et le Ministère, mais aussi grâce à la persévérance dans la négociation, l’abaissement de l’âge pivot à 52,5 ans pour les Agents De Conduite (et 57,5 ans pour les Sédentaires) est UNIQUEMENT A METTRE A L’ACTIF DE LA F.G.A.A.C..
Certaines confédérations qui s’approprient aujourd’hui cette avancée alors qu’elles ont toujours refusé de NÉGOCIER depuis le début de la réforme, ne manquent pas d’air !
Mais ce comportement n’est pas nouveau et ne peut surprendre que ceux qui se désintéressent de tout.
La F.G.A.A.C. le prouve une fois de plus en retraçant cet historique.
_________________________________________________
Après un premier tour de table, la Direction a proposé de limiter ses annonces à quelques principes de rémunération afin de réserver la publication de mesures concrètes à certaines Fédérations qui, bien qu’ayant déposées un préavis et annoncées leurs participations à la grève du 14 novembre, souhaitaient s’en approprier le bénéfice.
Devant cette mascarade de négociation, la délégation F.G.A.A.C. a avisé les dirigeants présents que cette séance de négociation était terminée et qu’elle ne se reprendrait que dans le cadre d’un préavis de grève.
Le Directeur des Ressources Humaines a justifié sa proposition par son souhait de laisser une porte ouverte aux autres organisations syndicales. Cependant, il a immédiatement convenu que son initiative ne pouvait que porter caution à ceux qui ont choisi l’affrontement avant le dialogue.
Le Directeur des Ressources Humaines nous informe que l’extension des mesures qui seraient accordées lors de cette négociation sera soumise à l’ouverture de négociations avec l’ensemble des organisations syndicales.
La F.G.A.A.C. a pris ses responsabilités en choisissant la négociation, la porte reste ouverte, mais force est de constater que les autres Organisations Syndicales refusent toujours de l’emprunter.
A noter que le Directeur des ressources humaines nous a proposé de caler les compléments de rémunération sur l’âge pivot de 53,5 ans. La F.G.A.A.C. a refusé cette proposition car cela supposait que nous donnions notre accord au passage à 41 années de cotisation (ce que les autres Fédérations s’empresseront de faire pour les Cheminots lorsque elles accepteront de négocier). Nous avons donc demandé que ces compléments ne dépassent pas l’âge pivot pour 40 années de cotisation, soit 52,5 ans…ce que les autres Fédérations s’empresseront de faire pour les Cheminots plus tard.
Voici donc les mesures obtenues par la F.G.A.A.C. ce VENDREDI 9 NOVEMBRE 2007 :
« 1°) MESURES SALARIALES ET PROMOTIONNELLES
- Augmentation salariale pour les agents prolongeant leur activité au-delà de l’âge d’ouverture des droits (55 ans ou 50 ans pour les conducteurs),
- Complément de rémunération permettant les déblocages de « fin de grille ».
- Attribution d’un complément de rémunération de 2,5% six mois avant atteinte de l’âge auquel s’annule la décote (et à 50 ans lorsqu’il n’y a pas de décote). Ainsi un conducteur né durant le second semestre 1962 bénéficiera de ce complément à 51 ans et demi.
- A compter du 1er juillet 2008, attribution d’une majoration salariale complémentaire de 0,5% du traitement par semestre effectué à partir de 50 ans, dans la limite de 5 semestres.
2°) AMENAGEMENTS DES FINS DE CARRIÈRES
Afin de prendre en compte l’effet de l’allongement des carrières, l’entreprise met en place les dispositions suivantes.
2 .1. Facilitation du déroulement professionnel des agents en attente d’accès à un roulement fin de carrière TGV ou interopérable Fret.
- L’agent qui le souhaite peut rester dans son roulement jusqu’à son départ en retraite.
- Afin de faciliter le déroulement professionnel des agents en attente d’accès à un roulement fin de carrière TGV ou Fret interopérable, l’entreprise prendra les mesures suivantes :
- en priorité, examen des situations individuelles par la hiérarchie en fonction des modalités locales de parcours professionnel et de la démographie,
- lorsque c’est pertinent, mise en place pour une période transitoire de 3 ans de « roulement intermédiaire d’accès TGV ou Fret interopérable » :
- Ces roulements seront de taille réduite avec une charge TGV ou Fret interopérable minoritaire.
- Ils bénéficieront de dispositions spécifiques pour le calcul de la prime de traction
2.2. Etude d’un dispositif spécifique de temps partiel choisi pour les agents de conduite au delà de 50 ans.
2.3. L’accès aux organisations ou missions spécifiques sera organisé selon un mode préférentiel pour des agents de conduite en fin de carrière sous réserve de leurs compétences. Il s’agit d’emplois :
- sur des missions d’assistant en établissement,
- sur des missions d’assistant en UFT,
- dans des pôles d’appui conduite, EAST et pool Fac,
Pour ce qui concerne les organisations de niveau national, le domaine Traction mettra en place une procédure d’accès.
2.4. Les postes de Gestionnaires de moyens relevant de la qualification D seront proposés de manière préférentielle à des agents de conduite en fin de carrière ou en situation d’inaptitude, sous réserve de leurs compétences.
3°) AUTRES MESURES
3.1. Une nouvelle rédaction de l’article 14 du règlement de retraite sera proposée aux pouvoirs publics (l’accord formel des pouvoirs publics est indispensable puisqu’il s’agit d’un décret). Elle vise à faire prendre en compte les éléments de rémunération de fin de carrière lorsque les primes de traction des années les plus productives sont acquises dans des périodes où ces éléments de rémunération sont moins élevés.
3.2. Concernant les agents de conduite qui n’atteindraient pas le nombre d’annuités nécessaire pour obtenir 60 mois de bonification du fait de « délais longs » ou de « délais d’attente longs », il sera pris en compte la période supplémentaire d’attente propre à la définition de ces délais. Le cas des agents de conduite en situation d’inaptitude définitive pour des raisons d’ordre médical sera traité dans des conditions similaires.
4°) DÉTERMINATION DE LA DATE OSVC DES AGENTS DE CONDUITE DÉLAIS LONGS ET DÉLAIS D’ATTENTES LONGS
« Conformément au point 4 de la lettre DRH n°213 du 18/10/2007 l’entreprise confirme son accord pour examiner les mesures particulières qui permettraient de prendre en compte la situation des agents de conduite qui n’atteindraient pas le nombre d’annuités nécessaire pour obtenir 60 mois de bonifications du fait de « délais longs » ou de « délais d’attente longs » (et, sous réserve d’examen complémentaire, du fait de raisons d’ordre médical). La date de l’OSVC sera déterminée en prenant en compte la période d’attente ».
Le principe retenu est le suivant :
La mesure consiste à supprimer la neutralisation de tout ou partie des trois premières années de conduite, neutralisation prévue au titre de l’article 14 du règlement des retraites.
Les années de conduite à intégrer dans le décompte sont les périodes d’attente à compter du seuil de définition des deux populations concernées.
- Pour les délais d’attente longs : il s’agit de la durée d’attente au delà de 7 ans (entre l’admission au cadre permanent et la réussite à l’examen). La durée retenue au delà des 7ans sera au minima de 6 mois.
- Pour les délais longs : il s’agit de la durée au delà des 24 mois d’attente entre la réussite à l’examen et la nomination TB.
Cette disposition permet d’assurer la non-pénalisation des agents concernés sans provoquer d’effet d’aubaine par rapport aux autres personnels qui ont attendu respectivement moins de 7 ans et moins de 24 mois.
Les conditions de mise en œuvre sont les suivantes :
La durée déterminée dans les conditions précisées ci-dessus vient décaler d’autant la date OSVC de l’agent.
Définitions des deux populations :
- Délais d’attente longs : recrutement effectif pour la conduite, admission au cadre permanent de 1981 à 1985 inclus, date de réussite à l’examen de 1989 à 1992 inclus, attente d’au moins 7 ans entre admission au cadre permanent et réussite à l’examen.
- Délais longs : TB reçus à l’examen antérieur à 1987 (31-12-86) et attente réussite examen nomination TB supérieure à 24 mois
5°) DÉTERMINATION DE LA DATE OSVC DES AGENT DE CONDUITE EN SITUATION D’INAPTITUDE POUR RAISONS MÉDICALES.
« Conformément au point 4 de la lettre DRH n°213 du 18/10/2007 l’entreprise confirme son accord pour examiner les mesures particulières qui permettraient de prendre en compte la situation des agents de conduite qui n’atteindraient pas le nombre d’annuités nécessaire pour obtenir 60 mois de bonifications du fait de « délais longs » ou de « délais d’attente longs » (et, sous réserve d’examen complémentaire, du fait de raisons d’ordre médical). La date de l’OSVC sera déterminée en prenant en compte la période d’attente ».
Le principe retenu est le suivant :
La mesure consiste à supprimer la neutralisation de tout ou partie des trois premières années de conduite, neutralisation prévue au titre de l’article 14 du règlement des retraites.
Chaque année de conduite au-delà de la quinzième donne le bénéfice d’une année supplémentaire par rapport au calcul normal des bonifications. Le nombre de ces années supplémentaires est plafonné à 3.
Les conditions de mise en œuvre sont les suivantes :
La durée déterminée dans les conditions précisées ci-dessus vient décaler d’autant la date OSVC de l’agent. »A 19 heures, la F.G.A.A.C. sort un communiqué de presse.
COMMUNIQUE DE PRESSE DU 9 NOVEMBRE 2007
La Fédération Générale Autonome des Agents de Conduite conduit une négociation difficile avec le Ministère du Travail et la Direction de la SNCF sur le dossier de la réforme du régime spécial des cheminots. Une réunion s’est tenue ce jour au siège de l’entreprise à Paris, avec à l’ordre du jour des évolutions de rémunération pour tous les cheminots en fin de carrière.
La Fédération Générale Autonome des Agents de Conduite a engagé la discussion sur des propositions fermes, en affichant clairement une revendication d’élévation d’au moins 5 % de la rémunération pour tous les cheminots touchés par la réforme et devant prolonger leur activité.
La Fédération Générale Autonome des Agents de Conduite a subordonné cette avancée à sa non-participation à la journée de grève prévue pour le 14 novembre.
Les propositions de la F.G.A.A.C. sont acquises pour l’ensemble du personnel de conduite et pourront être étendue à l’ensemble des cheminots sous une forme qui devra être négociée avec les Organisations Syndicales qui le souhaitent.
La Fédération Générale Autonome des Agents de Conduite agit, depuis l’engagement de la réforme, afin de préserver au mieux, par l’action et la négociation, les intérêts des cheminots.
La Fédération.
___________________________
- LUNDI 12 NOVEMBRE 2007 -
___________________________
La C.F.D.T., C.F.T.C. et la C.G.C. décident de négocier avec la Direction de l’Entreprise dans la nuit du 12 au 13 NOVEMBRE : le relevé de conclusions sera signé par ces 3 Organisations syndicales, signatures qu’elles s’empresseront de reprendre dès le lendemain pour s’unir à la grève de la C.G.T..
Notons que les résultats obtenus après le mouvement seront moindres qu’à son entrée. Pour exemple, le régime additionnel pour tous les Cheminots n’a jamais été discuté après la grève alors que la F.G.A.A.C. l’avait obtenu avant !
Extrait du Relevé de Conclusions :
« (…/…)
III - RÉMUNÉRATION AU DELA DE 55 ANS
Des mesures salariales spécifiques seront proposées dans le cadre de l’allongement de la durée d’activité.
attribution d’un complément de 2,5% sur l’ensemble de la rémunération liquidable, six mois avant l’atteÎnte de l’âge auquel s’annule la décote, et à 55 ans ou 50 ans pour les conducteurs dans la période comprise entre le 1 er juillet 2008 et le 30 juin 2010 où il n’y a pas de décote.
A compter du 1 er juillet 2008, attribution d’une majoration salariale complémentaire de 0,5% du traitement par semestre effectué à partir de 55 ans (ou 50 ans pour les conducteurs), dans la limite de 7 semestres.
A titre d’exemple, un agent sur la PR 18, qui atteÎnt 56,5 ans le 1er juillet 2012, et qui prolonge son activité de 2 ans 1/2 bénéficiera sur cette période d’un supplément global de rémunération de 2850 € environ et verra sa pension majorée de l’ordre de 5%.(…/…) »
Nous vous ferons remarquer que 7 semestres correspondent à 3,5 ans : c’est ce que la F.G.A.A.C. a refusé de négocier pour les Agents De Conduite car c’était valider les 41 ans (voir les explications des négociations du 9 NOVEMBRE) !
En effet, la réforme des retraites amenait les Cheminots à travailler 2,5 ans de plus (37,5 + 2,5 = 40 ans) et non 3,5 ans (37,5 + 3,5 = 41 ans) !
Lors des négociations qui suivront la grève, TOUTES LES CONFÉDÉRATIONS valideront cette mesure pour les sédentaires ALORS QU’ELLES ÉTAIENT CENSÉES LES DÉFENDRE CONTRE LES 40 ANS !!!
___________________________
- MARDI 13 NOVEMBRE 2007 -
___________________________
La grève lancée par les Fédérations Syndicales CGT – FO – CFTC – SUD-Rail – UNSA – CFE/CGC à 20 heures.
Celle-ci était suivie le MERCREDI 14 NOVEMBRE 2007 à 11 heures par 61,5% des agents, contre 73,5 % à la même heure le 18 OCTOBRE, selon la direction de l’entreprise publique.
Au 3ème jour de grève, le mouvement était suivi, VENDREDI 16 NOVEMBRE 2007, par 32,2 % des cheminots.
Au 6ème jour de grève, le mouvement était suivi, LUNDI 19 NOVEMBRE 2007, par 26,2 % des cheminots.
Au 8ème jour de grève, le mouvement était suivi, MERCREDI 21 NOVEMBRE 2007, par 22,8 % des cheminots.
Le taux de grévistes tombera au 9ème jour de grève, JEUDI 22 NOVEMBRE 2007, à 14,5 % des cheminots.
___________________________
- DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2007 -
___________________________
Les Fédérations Syndicales CGT – FO – CFTC – SUD-Rail – UNSA – CFE/CGC voyant le mouvement s’effriter au 5ème jour de grève répondent à la lettre de la Présidente de la S.N.C.F. et se décident enfin de participer à la négociation.
LETTRE DES FÉDÉRATIONS CGT – FO – CFTC – SUD Rail – UNSA – CFE/CGC
A LA PRESIDENTE DE LA S.N.C.F. DU DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2007
« Madame la Présidente,
Nous venons de réceptionner une convocation de la direction SNCF, adressée à l’ensemble des Fédérations Syndicales, pour participer à une Table Ronde le 21 novembre 2007.
L’objet de cette réunion est d’engager le processus de négociation sur les questions liées à la réforme du régime spécial de retraite des cheminots qui est à l’origine d’un conflit important qui dure depuis 5 jours, après l’exceptionnelle mobilisation du 18 octobre.
Le gouvernement, par son refus d’entendre les proposions et revendications des cheminotes et cheminots, a fait le choix de ce conflit et en porte l’entière responsabilité.
Vous précisez dans cette convocation que cette Table Ronde se tiendra «conformément aux termes de la lettre de la Présidente Anne-Marie IDRAC du 17 novembre dernier ».
Nous appuyant sur les précisions apportées, notamment la possibilité d’examiner les propositions concrètes des organisations syndicales permettant d’améliorer la situation et les droits des cheminots, les Fédérations Syndicales CGT – FO – CFTC – SUD Rail – UNSA – CFE/CGC viendront à cette réunion tripartite Etat- Direction SNCF- Organisations Syndicales pour défendre leurs revendications en portant les exigences et propositions y compris celles concernant le cadrage de la réforme qui s’expriment dans les assemblées générales.
A cette fin, elles soumettront ces propositions à l’approbation des cheminots réunis en assemblées générales le lundi 19 novembre.
D’autre part, nous vous rappelons. Madame la Présidente, que le courrier adressé par sept Fédérations au Ministre du Travail en date du 15 novembre dernier précisait que les motivations du conflit portaient également sur l’avenir du Fret l’emploi, le pouvoir d’achat et que les Fédérations Syndicales demandaient des réponses concrètes.
Dans l’attente de nouvelles rapides de votre part, nous vous prions d’agréer. Madame la Présidente, l’expression de nos salutations respectueuses. »
COMMUNIQUE DE PRESSE DES FEDERATIONS
CGT – FO – CFTC – SUD Rail – UNSA – CFE/CGC DU DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2007
« Les Fédérations se sont réunies ce jour, dimanche 18 novembre 2007, pour faire le point de la situation sociale, de l’état du rapport de forces et les suites à donner au mouvement.
Il est à relever qu’au 5ème jour de grève, les cheminotes et les cheminots sont toujours fortement mobilisés. Cette action porte l’exigence de négociations sur l’ensemble des revendications touchant aux régîmes spéciaux de retraites et de leurs droits à l’avenir du Fret SNCF, à l’emploi, au pouvoir d’achat.
En ce sens, le fait d’avoir contraint le gouvernement et la direction de la SNCF à accepter la tenue de réunions tripartites assorties d’un calendrier représente une avancée à mettre au bénéfice de cette mobilisation.
C’est dans ce contexte que la direction de la SNCF vient de convoquer la première réunion tripartite le MERCREDI 21 NOVEMBRE 2007.
Nos Fédérations CGT – FO – CFTC – SUD Rail – UNSA – CFE/CGC se rendront à cette négociation. Nous participerons à cette table ronde en nous appuyant sur la mobilisation pour défendre les intérêts des cheminots et gagner sur les revendications.
Nous y participerons à partir de propositions que nous soumettrons à l’appréciation des cheminots réunis en assemblées générales le lundi 19 novembre 2007. (Voir verso lettre à la Présidente).
Les Fédérations Syndicales appellent les cheminots â débattre du contenu de ces proportions, à rester unis et à s’exprimer sur la reconduite de l’action.
D’autre part, nos fédérations appellent les cheminots à ne pas se laisser entraîner dans des opérations qui pourraient nuire à l’objectif du mouvement et aux intérêts qu’ils défendent. »
___________________________
- LUNDI 19 NOVEMBRE 2007 -
___________________________
PROPOSITIONS SOUMISES AUX CHEMINOTS REUNIS
LE LUNDI 19 NOVEMBRE 2007 EN AG
« La direction de la SNCF vient d’adresser aux Fédérations Syndicales des Cheminots une convocation pour participer à une Table Ronde le MERCREDI 21 NOVEMBRE 2007.
Les Fédérations Syndicales des Cheminots se rendront iront à cette Table Ronde tripartite Etat- Direction SNCF- Organisations Syndicales en rappelant qu’elles refusent le contenu du cadrage gouvernemental et qu’elles y porteront les revendications des cheminots.
Lors des négociations qui vont s’ouvrir, elles exigent, entre autres :
- Une réponse à leurs revendications concernant le cadrage de la réforme ;
- La préservation du niveau des retraites liquidées par un mécanisme permettant l’amélioration du pouvoir d’achat des pensions directes et pensions de réversion.
- La prise en compte des annuités validées dans un autre régime, des années d’apprentissage, d’études, d’inactivité, de stages, des avantages familiaux, des contraintes du service public, la reconnaissance de la pénibilité pour le calcul des annuités au régime spécial ;
- La prise en compte dans le salaire liquidable des gratifications d’exploitation et de vacances, des éléments variables de solde soumis à cotisations CSG et CRDS ;
- L’augmentation générale des salaires, une nouvelle grille permettant l’amélioration du déroulement de carrière et de l’ancienneté, la création d’un véritable 13ème mois ;
Ces négociations doivent permettre la pérennisation du régime spécial et l’amélioration de la situation et des droits des cheminots.
Paris, le 18 novembre 2007 »
Au bout d’une semaine de grève, toutes les Confédérations se disent prêtes à négocier sur la base des revendications qu’elles remontent des assemblées générales.
Le communiqué commun « Propositions soumises aux cheminots réunis le lundi 19 novembre 2007 en AG » démontre que les confédérations ont été dans l’obligation de reprendre les « commandes » d’un mouvement national qu’elles ont volontairement lancé et laissé perdurer, pour des raisons qui ne rentrent en aucun cas dans les prérogatives d’une Organisation Syndicale.
Le débat en assemblées générales est ainsi « réorienté » dans le sens des propositions du gouvernement afin que ces mêmes confédérations puissent sortir la tête haute d’un conflit qu’elles savaient elles-mêmes perdu d’avance.
Oser clamer avoir contraint le Gouvernement et la Direction de la SNCF a accepté la tenue de réunions tripartites (communiqué des fédérations du DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2007), n’est que pure MANIPULATION ! Ces réunions tripartites étaient DÉJÀ notifiées dans le document daté du 6 NOVEMBRE 2007 («Eléments complémentaires au document d’orientation relatif à la réforme des régimes spéciaux de retraite») !
Après une semaine de grève jugée « indispensable », les confédérations décident enfin de s’asseoir à la table des négociations avec un représentant de l’état : retour au point de départ… avec les acquis F.G.A.A.C. !
Dénonçant ce qui a été obtenu par la F.G.A.A.C. dans un premier temps, certaines confédérations s’approprieront sans gène ses avancées prétextant les avoir obtenues par la grève !
Nul n’est plus aveugle que celui qui ne veut pas voir !
___________________________
- MARDI 20 NOVEMBRE 2007 -
___________________________
Les Fédérations Syndicales de Cheminots CGT – CFTC – UNSA – CFE-CGC continuent dans la manipulation et n’hésitent pas à écrire dans un communiqué commun que la grève à porter ses fruits !
« (…/…) A la veille de l’ouverture du processus de discussion sur les retraites, nous avons confirmation que la démarche unitaire, les convergences d’intérêts travaillées depuis des semaines par les organisations syndicales et validées par les cheminots dans les actions, portent leurs fruits. (…/…) »
___________________________
- MERCREDI 21 NOVEMBRE 2007 -
___________________________
COMMUNIQUE DE PRESSE F.G.A.A.C.
« Les fédérations syndicales des cheminots ont toutes été reçues ce jour au siège de la SNCF pour engager la poursuite des négociations sur l’aménagement en entreprise de la réforme portant sur les régimes spéciaux.
Trois représentants de l’Etat étaient présents.
La Fédération Générale Autonome des Agents de Conduite a revendiqué que la négociation permette d’approfondir et de renforcer les mesures qu’elle avait déjà obtenues sur :
- Les mesures salariales et les dispositifs d’accompagnement des carrières.
- Les niveaux des pensions et les compléments de retraite.
- L’adaptation des règles du régime spécial.
- Les avantages familiaux et conjugaux, le handicap et la prévoyance.
- L’aménagement des postes en fin de carrière et l’amélioration des conditions de travail, en particulier la prise en compte de la pénibilité.
Un calendrier contraint trouvant son aboutissement le 18 décembre a été proposé par la direction de la SNCF.
La définition de ces thèmes est conforme à ceux mis en avant par la Fédération Générale Autonome des Agents de Conduite lors des précédentes séances de négociation.
Les points acquis par la F.G.A.A.C. servent de base à la négociation.
La Fédération Générale Autonome des Agents de Conduite considère que le nombre et la qualité de négociateurs, reconnus chez nos partenaires sociaux, va certainement permettre d’améliorer encore le dispositif élaboré par la F.G.A.A.C. dans l’intérêt de tous les cheminots.
La Fédération.
Paris, le 21 novembre 2007 à 21h15. »
___________________________
LES NÉGOCIATIONS SE SONT DÉROULÉES AVEC L’ENSEMBLE
DES ORGANISATIONS SYNDICALES DURANT LES TABLES RONDES DES
21 et 29 NOVEMBRE ET 4, 7, 10 et 14 DÉCEMBRE SUR LA BASE DES
NÉGOCIATIONS MENÉES PAR LA F.G.A.A.C. DEPUIS LE 18 OCTOBRE 2007
___________________________
Rappelons que les points abordés sont toujours issus des négociations du 6 et du 9 NOVEMBRE entre la direction et la F.G.A.A.C., mais l’entreprise avait préféré repousser ces discussions jusqu’à ce que toutes les Organisations Syndicales soient assises autour de la table.
1°) MISE EN PLACE D’UN 10EME ECHELON D’ANCIENNETE
En lien avec l’évolution du régime, il sera créé un dixième échelon. Cette mesure est destinée à accompagner financièrement les agents dans le cadre de la réforme du régime spécial de retraite se traduisant par des carrières plus longues.
1) Elle s’applique à l’ensemble des agents du cadre permanent.
2) La majoration correspondant à cet échelon sera de 23,6%.
3) L’attribution d’un 10ème échelon (8ème pour les agents de conduite, 7ème pour les gardes barrières) concerne les agents dont l’ancienneté sur le dernier échelon (9ème/7ème ou 6ème selon les catégories de personnel) est égale ou supérieure à 8 ans à compter du 1er juillet 2008.
Cette mesure a été appliquée dès le 1er janvier 2008. Ainsi :
- Tout agent présent au 1erjanvier 2008, dont la condition d’ancienneté de 8 ans est remplie avant cette date bénéficiera de cet échelon le 1er janvier 2008.
- Tout agent remplissant les conditions au delà de cette date bénéficiera de cet échelon le 1er du mois considéré, sans effet rétroactif.
En outre à titre transitoire et exceptionnel :
Tout agent quittant l’entreprise entre le 1er janvier et le 30 juin 2008 et qui, à la date de son départ, remplirait la condition d’ancienneté de 8 ans mais depuis moins de 6 mois, bénéficiera du calcul de sa pension sur la base du 10e échelon.
Le tableau est le suivant :
| échelon | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 |
| majoration | 2 % | 4 % | 6 % | 8 % | 10 % | 12 % | 14 % | 17 % | 20 % | 23,6 % |
| Temps de séjour normal | 2 ans | 2 ans 1 /2 | 2 ans 1 /2 | 3 ans | 3 ans | 3 ans 1 /2 | 3 ans 1 /2 | 4 ans | 4 ans ½ (*) |
(*) 8 ans à compter du 1er juillet 2008, 7 ans à compter du 1er juillet 2009, 6 ans à compter du 1er juillet 2010, 5 ans à compter du 1er juillet 2011, 4,5 ans à compter du 1er juillet 2012
Cette mesure sera transposée, en tenant compte de leurs spécificités, aux agents de conduite et aux gardes-barrières dans les conditions suivantes :
Agents de conduite des locomotives :
| échelon | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 |
| majoration | 2 % | 5 % | 8 % | 11 % | 14 % | 17 % | 20 % | 23,6 % |
| Temps de séjour normal | 2 ans | 2 ans 1 /2 | 2 ans 1 /2 | 3 ans | 3 ans | 3 ans 1 /2 | 4 ans 1 /2 (*) |
Personnel à service discontinu (gardes-barrières) :
| échelon | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |
| majoration | 3 % | 6 % | 9 % | 12 % | 16 % | 20 % | 23,6 % |
| Temps de séjour normal | 5 ans | 5 ans | 5 ans | 5 ans | 5 ans | 4 ans ½ (*) |
4) Cette mesure, prise dans le cadre des dispositions d’accompagnement de la réforme du régime spécial des retraites, sera donc liquidable. Elle n’entre pas dans le champ de la péréquation.
5) Les bénéficiaires concernés sont de 16500 agents environ en 2008, 23700 en 2009 et en 2010, 28500.
En prenant pour exemple la population née en 1953 (sédentaires) ou 1958 (roulants) entrant dans les conditions actuelles, dans sa dernière année d’activité l’incidence mensuelle moyenne est de :
48,00 € pour les agents du 1er collège (Exécution), 56,00 € » » 2ème collège (Maîtrise), 87,00€ » » 3ème collège (Cadres), 46,00 € » » de conduite TA, 58,00 € » » de conduite TB
2 °) MESURES DE DEBLOCAGE DES FINS DE GRILLE
2.1. Agents situés en fin de qualification.
Un supplément de la rémunération liquidable de 3 % est attribué, sauf objection motivée du service, aux agents placés sur la dernière position de rémunération des qualifications A à H inclus (à l’exception de D, qualification pour laquelle des mesures ont déjà été prises en 2005) des lors qu’ils répondent aux conditions suivantes :
- 50 ans minimum,
- 5 ans d’ancienneté sur la PR
Pour en bénéficier dans le calcul de la pension, ce supplément de rémunération devra avoir été attribué depuis au moins six mois.
2.2. Agents situés en fin de niveaux 1
L’entreprise pour faciliter les passages en niveau de B1 à B2, de C1 à C2, de D1 à D2, de E1 à E2, de F1 à F2, de G1 à G2, de H1 à H2, de TA1 à TA2 et de TB2 à TB3, attribuera à titre exceptionnel une enveloppe complémentaire de passages en niveaux pour les exercices de notation 2008 et 2009. Cette enveloppe correspondra à une majoration de 15 % des contingents moyens des 3 dernières années ; elle pourra être modulée entre qualifications pour tenir compte des anciennetés moyennes constatées sur les différents niveaux.
3°) MESURES D’ACCOMPAGNEMENT DE LA PROLONGATION DE LA DUREE D’ACTIVITE
3.1. Personnels en service continu (autres que les conducteurs et les cadres supérieurs) et gardes barrières.
Une majoration salariale spécifique sera attribuée, à compter du 1er juillet 2008, dans le cadre de la prolongation de l’activité au delà de 55ans, sous la forme d’une majoration du traitement de base de 0,5% par semestre travaillé jusqu’à un nombre maximum de 7 semestres.
Pour une prolongation d’activité de 5 semestres, cette mesure représente une majoration salariale de 58€ par mois en moyenne.
3.2. Agents de conduite.
L’entreprise confirme les mesures d’accompagnement des fins de carrière négociées dès le 9 novembre avec une organisation syndicale représentant les agents de conduite.
La majoration spécifique de 0,5% du traitement par semestre travaillé sera mise en place dans les conditions suivantes :
- Effet à partir du 1er juillet 2008, sans rétroactivité.
- Par semestre il faut comprendre la période de 6 mois qui débute le 1er du mois auquel l’agent atteint 55 ans (ou 50 ans pour les conducteurs)
- Les agents qui ont dépassé l’âge de 55 ans (50 ans pour les conducteurs) au 1er juillet 2008 bénéficient, à compter de cette date, d’une première majoration de 0,5% pendant 6 mois. Les majorations ultérieures seront attribuées par périodes entières de 6 mois travaillées.
- Pour en bénéficier dans le calcul de la pension, cette majoration salariale devra avoir été attribuée depuis au moins six mois.
4°) ELARGISSEMENT DE LA PRIME DE FIN D’ANNEE A LA PRIME DE TRAVAIL
4.1. À l’issue de la table ronde du 21 novembre 2007, l’entreprise confirme son accord pour élargir l’assiette de la prime de fin d’année à la prime de travail, dans la limite de la valeur moyenne théorique du code prime 1 et 2.
4.2. L’intégration de la valeur moyenne mensuelle théorique du code prime 1 et 2 interviendra sur une période de 2 ans à partir de décembre 2008.
Dans ces conditions, la Prime de Fin d’Année sera majorée de 80 € en moyenne en 2008 et 160 € en moyenne en 2009.
5°) PRISE EN COMPTE DES ELEMENTS NON LIQUIDABLES DE LA REMUNERATION POUR LE CALCUL DE LA PENSION.
En lien avec l’évolution du régime spécial et en accord avec les pouvoirs publics, les gratifications d’exploitation et de vacances seront intégrées dans le salaire liquidable sur une période de 4 ans à compter de juin 2008 selon le calendrier suivant :
¼ au 1er juin 2008, ¼ au 1er juin 2009, ¼ au 1er juin 2010, ¼ au 1er juin 2011.
L’assiette liquidable sera majorée en moyenne de 0,36% par an, soit de 1,43 % au total.
Cette disposition est privilégiée par une majorité des Organisations Syndicales à la mise en place d’un régime additionnel. Son impact sera de 1,43% sur le niveau des pensions moyennes des retraités à partir de juin 2011.
6°) LA CLAUSE DE MISE A LA RETRAITE D’OFFICE
6.1. L’entreprise s’engage à mettre un terme définitif à toute application de la clause de mise à la retraite d’office dès le 1er juillet 2008
6.2. Pour tenir compte des conséquences de la suppression de cette « clause couperet » sur les évolutions de carrière, et sans attendre la mise en place d’une nouvelle grille, une mesure exceptionnelle sera prise pour les exercices de notation 2008 et 2009, sous la forme d’une enveloppe complémentaire de promotions en qualifications.
Cette enveloppe correspondra au nombre de mises à la retraite d’office qui auraient été prononcées, au vu des 3 exercices précédents, sur chaque qualification.
6.3. Le nombre de promotions supplémentaires sera réexaminé, pour l’exercice de notation 2009, en fonction du comportement constaté des agents ayant dépassé l’âge d’ouverture des droits.
7°) INDEXATION ET DECOTE
En accord avec l’Etat, il a notamment été acté les points suivants :
7.1. SUR LA DECOTE.
L’aménagement de la décote, tel que précisé dans le complément au document d’orientation du 6 novembre 2007, a vocation à s’appliquer à l’ensemble des agents de la SNCF, y compris aux futurs embauchés.
En lien avec les dispositions sur l’évolution des règles du régime spécial, le mécanisme de la décote ne s’appliquera pas au minimum de pension, aux pensions de réforme, ainsi qu’aux agents ayant un taux d’invalidité égal ou supérieur à 80%.
7.2. SUR L’INDEXATION DES PENSIONS.
Le principe de l’indexation des pensions sur l’indice des prix s’appliquera à compter du 1er janvier 2009. De plus, toute mesure à venir décidée dans le cadre du rendez-vous sur les retraites et notamment sur le mode de revalorisation des pensions, s’appliquera aux pensionnés du régime spécial.
7.3. MESURES PARTICULIERES POUR LES PENSIONNES
A titre exceptionnel, l’entreprise, après accord de l’Etat, confirme les dispositions suivantes qui bénéficieront aux pensionnés du régime spécial:
- anticipation de l’intégration du ½ point d’indemnité de résidence de 2009 au 1er décembre 2008,
- application du principe de la péréquation pour la première étape d’élargissement de la PFA (soit un effet de +0,32% sur le montant des pensions) ;
- prise en compte pour la péréquation de la première phase d’intégration des gratifications d’exploitation et de vacances (soit un effet de +0,36% sur les pensions).
Compte tenu de l’intégration d’1/4 de point d’indemnité de résidence déjà prévue au 1er avril 2008, la revalorisation des pensions sera de 1,43% supérieure au niveau des augmentations générales de salaires pratiquées dans l’entreprise.
A noter qu’une fois par an le Conseil d’Administration de la Caisse de Prévoyance et de Retraite du Personnel de la SNCF pourra faire le point de l’évolution des pensions.
8°) APPRENTIS ET EX-ELEVES
Concernant les ex-apprentis et ex-élèves de la SNCF, l’entreprise, après accord de l’état, décide de procéder à une majoration exceptionnelle de rémunération de 0,25% du traitement par trimestre d’apprentissage cotisé et validé au régime général dans la limite de 8. Cette majoration prendra effet à l’âge d’ouverture des droits (50 ans pour les ADC ou 55 ans pour les autres personnels) à partir du 1er Juillet 2010.
Pour les agents ayant dépassé 55 ans (50 ans pour les ADC) au 1er juillet 2010 cette majoration prendra effet à cette date.
Pour en bénéficier dans le calcul de la pension, cette majoration de rémunération devra avoir été attribuée depuis au mois six mois.
A compter de la date de mise en œuvre du texte règlementaire y afférant, dès leur commissionnement, les nouveaux apprentis et les apprentis en cours de formation au sein de l’entreprise pourront valider gratuitement comme durée de services dans le régime spécial la totalité des trimestres validés au titre de l’apprentissage dans le régime général, avant et après l’âge de 18 ans.
9°) AVANTAGES FAMILIAUX ET CONJUGAUX, HANDICAP, PRÉVOYANCE
9.1. DEPART SANS CONDITIONS D’AGE POUR LES PARENTS DE TROIS ENFANTS OU D’UN ENFANT HANDICAPÉ
Le bénéfice d’un départ anticipé est ouvert aux parents, mères ou pères, quand sont réunies les trois conditions suivantes :
- justifier d’un minimum de quinze années de services ;
- avoir au moins trois enfants ou un enfant atteint d’une invalidité égale ou supérieure à 80%.
- Il s’agit :
- des enfants légitimes, naturels ou adoptifs,
- des enfants naturels, légitimes ou adoptifs du conjoint, des enfants ayant fait l’objet d’une délégation de l’autorité parentale, des enfants placés sous tutelle, des enfants recueillis, à condition d’avoir été élevés au moins pendant 9 ans avant le 21ième anniversaire ;
- avoir interrompu son activité pour chaque enfant pendant une durée continue d’au moins deux mois
Pour le calcul de l’annuité, les règles se réfèrent à l’année au cours de laquelle les trois conditions pour un départ sans condition d’âge sont satisfaites. Par exemple, si ces trois conditions sont remplies avant le 1er juillet 2008, la valeur de l’annuité restera de 2% et il n’y aura pas de décote, quelle que soit la date de leur départ anticipé (il faut par contre que le départ soit anticipé avant l’âge d’ouverture des droits).
9.2 PRISE EN COMPTE GRATUITE DES INTERRUPTIONS OU RÉDUCTIONS D’ACTIVITÉ ET MAJORATION DE DURÉE D’ASSURANCE POUR LES FEMMES
Les dispositions suivantes seront appliquées pour les enfants nés à compter de la date de mise en œuvre de la réforme :
- prise en compte gratuite des interruptions ou réductions d’activité des parents pour les naissances, dans une limite de trois ans par enfant
- majoration de durée d’assurance de deux trimestres par enfant pour les femmes accouchant
Pour répondre aux attentes exprimées par les organisations syndicales concernant les enfants nés avant la mise en œuvre de la réforme :
- Les interruptions ou réductions d’activité de même nature constatées avant la réforme seront validées gratuitement dans la limite d’un an par enfant. Cette mesure s’appliquera également aux femmes qui ont racheté des périodes d’assurance et générera pour elles des droits supplémentaires.
- Par ailleurs, la majoration de durée d’assurance de deux trimestres par enfant pour les femmes accouchant sera étendue au bénéfice de l’ensemble des femmes ayant accouché avant la date de mise en œuvre de la réforme.
9.3. MAJORATION DE DURÉE D’ASSURANCE POUR LES PARENTS D’UN ENFANT HANDICAPÉ
Une majoration de durée d’assurance est accordée aux parents d’un enfant gravement handicapé (80% au minimum), élevé à domicile ou en institut de jour, avant ou après la date de mise en œuvre de la réforme du régime spécial. Cette majoration est d’un trimestre par période d’éducation de 30 mois jusqu’au 21ième anniversaire de l’enfant, dans la limite de huit trimestres.
Cette majoration de durée d’assurance se cumule avec les avantages accordés au titre des enfants nés ou adoptés dans les conditions reprises au point 9.2 ci-dessus.
9.4. RÈGLES D’ATTRIBUTION DE LA PENSION DE RÉVERSION DES VEUFS ET MONTANT DE LA PENSION D’ORPHELIN
Afin de mettre la réglementation du régime spécial de la SNCF en conformité avec le droit communautaire concernant le principe d’égalité de traitement entre les hommes et les femmes, les conditions nécessaires pour avoir droit à une pension de réversion, les règles d’attribution et de partage des pensions de réversion et les règles d’entrée en jouissance des pensions de réversion, appliquées aux veufs, sont alignées sur celles en vigueur pour les veuves.
Les règles d’attribution et de montant de la pension d’orphelin du régime spécial de la SNCF seront les suivantes : la pension d’orphelin, servie jusqu’au 21ième anniversaire, est égale à 10% de la pension de droit direct, en plus de la réversion au conjoint survivant, sous la limite que le total des réversions ne dépasse pas 100% de la pension directe.
9.5. DÉPART ANTICIPÉ Á LA RETRAITE ET MAJORATION DE PENSION DES AGENTS HANDICAPÉS
Les agents handicapés pourront bénéficier de deux dispositions nouvelles :
- un départ anticipé
- une majoration de pension de retraite
Le droit à la retraite anticipée est soumis à trois conditions cumulatives :
- une durée d’assurance minimale ;
- une durée d’assurance minimale cotisée ;
- un taux d’incapacité permanente de 80 % tout au long de ces durées (avec adaptation de ce taux dans certains cas).
La pension majorée est égale à la somme :
- des droits à retraite correspondant aux services effectués ;
- d’une majoration de pension égale au tiers du rapport entre le nombre de trimestres cotisés avec un handicap de 80 % et le nombre de trimestres correspondant à la durée de services et bonifications admis en liquidation.
La pension majorée ne peut dépasser 80% du salaire de liquidation.
9.6. MESURES DE PREVOYANCE
L’allocation prévue à l’article 49 du Référentiel RH 0700 (PS 10) est triplée en cas de décès en activité consécutif à un accident de travail, de trajet reconnu ou de maladie professionnelle.
10°) CESSATION PROGRESSIVE D’ACTIVITE (CPA) ET COMPTE EPARGNE TEMPS (CET).
La réforme de notre régime spécial va imposer un allongement des carrières. Au soir du 18 OCTOBRE 2007, lorsque la F.G.A.A.C. a obtenu par l’engagement d’une grève reconductible les garanties fondamentales qu’elle attendait, des négociations ont pu s’ouvrir pour obtenir que cette réforme soit adaptée aux spécificités ferroviaires et aux Agents De Conduite en particulier.
Sans revenir sur tous les détails, tant ils sont nombreux, il est bon de rappeler que la F.G.A.A.C. a œuvré pour que les Cheminots, et en particulier ceux qui exercent un métier pénible, puissent anticiper leur départ en retraite sans amputer le niveau de leur pension. Parmi ces moyens, nous avons utilisé toutes les possibilités offertes par les textes législatifs, en particulier la CPA et le temps partiel.
Mais lors de la Table Ronde « Pénibilité » du 20 FEVRIER 2008, la Direction a effectué la synthèse des Groupes de Travail Métier.
A l’issue de la réunion, la Direction reconnaît DEUX types de compensations pour la pénibilité :
- Une compensation générale pour continuité du Service Public : un Compte Épargne Temps abondé ;
- Une compensation pour les agents effectuant des métiers pénibles : une Cessation Progressive d’Activité et une augmentation de la Prime de Travail en fin de carrière.
Tous les cheminots sont concernés par ces mesures, sauf les Agents De Conduite !
La Direction considère, en effet, que nous sommes déjà servis !
La F.G.A.A.C. a déclaré qu’il était INADMISSIBLE que les Agents de Conduite soient exclus de la reconnaissance de la pénibilité de leur métier, métier pourtant reconnu comme étant parmi les plus pénibles de notre entreprise !
La F.G.A.A.C. a EXIGE que les Agents de Conduite soient associés au nouvel abondement du Compte Épargne Temps, et à l’ augmentation de la Prime de Travail.
La F.G.A.A.C. a DÉNONCÉ, par ailleurs, la passivité des autres Organisations Syndicales dans la défense des Agents de Conduite !
La F.G.A.A.C. a immédiatement déposé une D.C.I. le 22 FÉVRIER 2008.
Elle a exigé que les engagements pris par la direction dans les précédentes Tables Rondes soient tenus :
- Accès au Compte Epargne Temps pour les Agents de Conduite, au même titre que les autres cheminots;
- Majoration des Primes de Traction en fin de carrière pour les Agents de Conduite, au même titre que les autres cheminots.
Suite aux débats avec la Direction, la F.G.A.A.C. rétablit les ADC dans leurs bons droits et sort les Agents De Conduite de l’exclusion !
Certains devraient se demander pour quelles raisons les autres Organisations Syndicales ont été si passives…alors qu’elles prétendent les défendre !
Aussi, bien que le législateur ait diminué très largement les possibilités admises par la cessation progressive, la F.G.A.A.C. a réussi à maintenir les principaux mécanismes du système et surtout a permis aux Agents De Conduite d’en bénéficier alors qu’ils en étaient exclus.
L’ensemble des informations concernant la C.P.A. sont reprises dans le RH0933 et concernant le C.E.T. dans le RH0926.
BILAN DES POSITIONS DE LA C.G.T. ET DE SUD Rail SUR CE DOSSIER
C.G.T.
Comme à son habitude, la C.G.T. sur ce dossier des retraites n’est pas clair.
En effet, le 9 OCTOBRE, quelques jours avant le début du conflit reconductible F.G.A.A.C., elle sortait un tract intitulé « PRIVE-PUBLIC, Pour le droit à la retraite à 60 ans ».
Difficile ensuite de croire que la sauvegarde des régimes spéciaux était une priorité pour l’OS majoritaire chez les Cheminots.
De plus, la C.G.T., lors des différentes interfédérales précédentes, nous avait annoncé clairement vouloir nous faire partir sur ce dossier dans une interprofessionnelle au printemps 2008.
La négociation de dernière minute le 17 OCTOBRE au soir entre THIBAULT et le Ministre en disait long sur la motivation de la C.G.T. d’aller à la grève.
La C.G.T. partira sur une grève carrée le 18 OCTOBRE accompagné de l’UNSA, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC.
Mais, celle-ci avait oublié 2 variables de poids dans son choix d’aller aussi à la négociation :
- Sa base militante et sympathisante à qui elle avait fait croire que le régime spécial de retraite était non négociable…
- La présence de SUD, pratiquant la technique C.G.T. des « grandes années », et prêt à accueillir à bras ouverts les déçus de la C.G.T.. (Dixit une note interne de SUD à ses militants.)
Elle ira donc au conflit pendant 9 jours, emmenant dans son sillage SUD et les 6 autres OS, pratiquant sur les AG une surenchère par rapport à SUD.
Cette surenchère n’aura pour but que de montrer que c’est bien la « C.G.T.» qui mène le conflit…
Neuf jours plus tard, la C.G.T. expliquera avec difficulté qu’il faut « reprendre le chemin des négociations tripartites ». A noter que ces réunions tripartites avaient déjà commencées entre la F.G.A.A.C., l’état et la SNCF les 6 et 9 NOVEMBRE… Mais, son but était atteint, elle réussira à faire la jonction avec la grande manifestation interprofessionnelle.
Durant les négociations, la C.G.T. n’hésitera pas à réécrire l’histoire et annoncer fièrement que c’est « grâce à la mobilisation massive des cheminots pendant 9 jours » que l’état et la SNCF accepteront d’ouvrir les négociations tripartites sur les bases de celles de la F.G.A.A.C.…
Enfin, l’OS majoritaire appellera à une grève carrée le 13 DECEMBRE avec la CFE-CGC. Cette grève montrera d’ailleurs que ceux qui argumentaient contre la F.G.A.A.C. qu’elle avait rompu l’unité n’était en aucun cas capable de l’organiser autour d’elle.
Pour preuve, une dépêche de l’AFP en date du SAMEDI 8 DECEMBRE 2007 où les Cheminots peuvent apprécier le manque de sérieux avec lequel leurs revendications sont défendues dans « l’unité » !
DEPECHE AFP DU SAMEDI 8 DECEMBRE 2007
« PARIS (AFP) — Dans une union insolite, CGT et CFE-CGC des cheminots Régimes spéciaux: grève à la SNCF jeudi à l’appel des seules CGT et CFE-CGC appellent à une grève de 24 heures jeudi à la SNCF pour peser sur la fin des négociations concernant la réforme des régimes spéciaux de retraite, sur fond de division syndicale.
Les deux syndicats ont annoncé samedi leur position, au terme de 48 heures de discussions animées et à rebondissements avec les autres fédérations, avec lesquelles ils ne sont pas parvenus à un accord.
De son côté, la CFTC-cheminots (5e syndicat à la SNCF, 8,14% des voix aux élections du comité d’entreprise), poussée par sa base, a appelé à une grève reconductible à compter du lundi 17 décembre à 20H00, veille de la réunion conclusive des négociations.
Après une grève de 24 heures le 18 octobre et une deuxième de dix jours en novembre, le trafic ferroviaire devrait être de nouveau perturbé jeudi, alors que les préavis CGT et CFE-CGC courent du jeudi matin à 00H00 jusqu’à vendredi 8H00.
La SNCF et le ministre du Travail ont déjà condamné toute nouvelle grève, qu’ils jugent « incompréhensible ». Anne-Marie Idrac, la présidente de la SNCF, a averti sur France Info que « ce sera une grève pour rien ».
Dans les négociations depuis le 21 novembre avec la direction et des représentants de l’Etat, « des avancées non négligeables ont été obtenues » mais « le compte n’y est pas » et « des désaccords profonds subsistent sur le cadrage de la réforme », selon un communiqué de la CGT, premier syndicat (40,14% des voix).
Le préavis de la CFE-CGC (8e et dernier syndicat, 1,02%), qui traduit le malaise des maîtrises et cadres face à la réforme, est également motivé par « l’immobilisme du gouvernement ». Il est important de « se mobiliser avant la fin des négociations », a déclaré à l’AFP le président du syndicat, Gérard Blanc.
C’est sur la date et la forme d’un mouvement que l’ensemble des syndicats, pourtant tous favorables à une grève, à l’exception de la F.G.A.A.C. (agents de conduite autonomes), ne sont pas parvenus à un terrain d’entente.
La CGT pointe notamment « des questions de rapport de forces » au sein de la CFTC-cheminots qui « ont fait éclater (l’) unité syndicale » depuis jeudi, alors que se dessinait encore une grève commune de 24 heures avant Noël.
Sud-Rail, (2e, 14,97%) accuse au contraire la CGT de « précipitation » et de « manque de sérieux ».
Sud, favorable à une nouvelle grève reconductible, a été exclu de l’intersyndicale et va consulter ses instances en début de semaine pour une éventuelle grève.
FO (6e, 6,62%), penchant également pour un mouvement reconductible « pour ne pas faire perdre une journée de salaire aux agents pour rien », doit se réunir mercredi pour prendre position.
« Le seul objectif de la CGT et la CFE-CGC en déposant en catimini un préavis pour une grève +carrée+ est d’éviter une grève reconductible », selon Eric Falempin, secrétaire général de FO-cheminots.
L’Unsa, (3e, 14,48%), qui était demandeur d’une grève de 24 heures mais unitaire, « ne marche pas dans l’unité à deux ».
Enfin, la CFDT (4e, 11,58%), qui a déjà déposé un préavis de grève de 59 minutes pour le 20 décembre, avait dès vendredi matin indiqué qu’elle ne s’associait pas à une grève avant la fin des négociations.
Selon un syndicaliste fin connaisseur des conflits à la SNCF, « il est rare qu’il y ait une telle division et une telle pagaille ». « La grève de la CGT ressemble à un baroud d’honneur puisqu’elle est en réalité résolue à la réforme », note-t-il.»Pendant toute la durée des tables rondes, la C.G.T. fera tout son possible pour écarter les ADC des avancées pour limiter les effets néfastes de la réforme, voire même à sacrifier tous les Cheminots :
- Exclusion des mesures de déblocages de fin de grille pour les ADC
- Refus de la mise en place du plan épargne retraite alors qu’elle est signataire de ce système dans de très nombreuses industries privées.
- Elle dénoncera le Compte Epargne Temps, mais… trop tardivement. Elle défendra bec et ongle l’accord 35 heures, au point d’interdire que les cheminots puissent utiliser les repos complémentaires 35 heures pour alimenter ce compte temps !
- Exclusion du CPA pour les ADC.
Enfin, rappelons que la mise en place de l’âge pivot et des décotes vient de la proposition du C.O.R. (Conseil d’Orientation des Retraites) dont fait partie les politiques et…LA C.G.T. !
SUD Rail
Leur position sera très claire : « 37, 5 ans pour tous ».
Position qui ne tiendra jamais compte des réalités de la vie qui nous entoure car il ne fallait pas perdre de vue que notre régime de retraite est fait, non pas par capitalisation mais par répartition.
En clair, continuer à vouloir partir à 37, 5 ans c’est avoir du mal à assurer une retraite pour nos enfants. « Papa est parti à 50 ans, mon fils débrouille toi… »
SUD, contrairement à la C.G.T., partira en grève reconductible sur un préavis à part dès le 18 octobre avec FO. Elle annoncera qu’elle refuse toute négociation sur ce dossier : « 37,5 ans pour tous… »
Après le retrait de la F.G.A.A.C. le 18 octobre au soir, SUD et FO se retrouvent seul. De plus, la C.G.T. mettra les moyens nécessaires pour « casser cette grève » afin d’éviter qu’elle ne prenne de l’ampleur.
Finalement, SUD et FO arrêteront cette grève rapidement pour se « remettre à l’ouvrage » avec un « tous ensemble derrière la C.G.T. … ».
Après 9 jours de grève, SUD rejoindra la table des négociations n’hésitant pas à revenir sur leurs écrits de ne rien négocier sur le dossier des retraites…
Il est vrai que pour une organisation syndicales irresponsable, il est beaucoup plus facile de tout refuser en bloc et faire perdre par démagogie des avantages aux Cheminots que de vouloir négocier.
EN CONCLUSION
Dès l’ouverture des discussions sur la réforme des retraites en 2007, le Ministère avait donné les éléments dits non négociables et les points qui pouvaient faire l’objet d’aménagement.
Le passage de 37,5 à 40 années de cotisation était donné comme non négociable. Si le principe de la décote a été placé comme un levier principal de l’allongement de la durée de cotisation, le Ministre n’en pas moins appelé les Organisations Syndicales à la négociation.
Chacun peut constater que, tentant d’échapper à leurs responsabilités, les Organisations Syndicales Confédérées ont choisi d’éviter de critiquer ouvertement le fond de la réforme en mettant en avant son « cadrage » au travers de sa lettre d’orientation.
Les raisons invoquées sont clairement de s’opposer à la politique globale du gouvernement au travers d’un grand mouvement unitaire, interprofessionnel, qui débutera le 13 NOVEMBRE à la SNCF et connaîtra son apothéose aux alentours du 20 lors d’une grande manifestation dans la rue organisée par la C.G.T., pouvant acquérir ainsi son statut de principal opposant à Nicolas SARKOZY.
En raison de refus purement stratégique, la F.G.A.A.C. a été la seule Organisation Syndicale à faire des propositions dès l’ouverture des discussions sur la lettre d’orientation et sur les garanties à donner à l’entreprise pour que les négociations puissent déboucher sur des éléments concrets.
Lors de ces rencontres, la F.G.A.A.C. a argumenté auprès du Ministère pour faire reconnaître les spécificités des cheminots et des Agents de Conduite.
Le Ministre, ou les membres de son cabinet sont toujours restés fermes sur ce qui a été affiché comme non négociable, mais ouverts sur les aspects de calendrier du passage à 40 annuités et sur des adaptations du système de décote.
La F.G.A.A.C. a fait des propositions dans ce sens, que le Ministre a jugé fondées, mais qui n’ont pu être validées en raison du refus de négocier des autres Fédérations.
Ces réponses attendues par les Cheminots et les Agents de Conduite sont restées dans les tiroirs des ministères pour servir de bon de sortie pour les Organisations Syndicales enfermées dans la stratégie de la C.G.T..
Pour la F.G.A.A.C., il était hors de question de se laisser enfermer dans cette logique d’affrontement stérile qui ne visait qu’à instrumentaliser les Cheminots pour servir des objectifs qui n’ont rien de syndicaux.
Devant la persistance du refus de prendre en compte nos demandes, la F.G.A.A.C. les a tout d’abord formalisées par un courrier, puis a déposé son préavis de grève reconductible prenant effet dès le 17 OCTOBRE à 20h00. Les réponses qui nous ont été apportées le 18 à 16h00 ont été appréciées comme répondant en partie à nos attentes et permettant ainsi de passer à la deuxième phase des négociations en entreprise.
Le problème de la prise en compte des spécificités des Cheminots n’était cependant pas suffisamment pris en compte dans le système de décote et des revendications subsistaient sur le contenu des modalités de calcul de la pension des Agents de Conduite pour ce qui concerne la prise en compte des meilleures années.
La F.G.A.A.C. a adressé au ministère un courrier afin que ces sujets soient réglés avant que les décrets soient promulgués.
A chaque rencontre nous avons mis en avant nos demandes et obtenu les mêmes réponses concernant le refus de négocier des autres OS. Pour cette raison, nous avions mis en garde les dirigeants de l’entreprise sur la publication de calendrier qui pouvaient laisser apparaître que certains paramètres étaient acquis alors qu’ils restaient suspendus à des évolutions probables dans un proche avenir.
En ce qui concerne la détermination des âges pivots, tant pour les cheminots que pour les Agents De Conduite, l’anticipation de la direction de l’entreprise, pressée d’essayer de limiter la contestation, a laissé croire que ces éléments étaient déjà acquis avant la grève.
D’ailleurs certaines Confédérations ne se sont-elles pas empressées de les utiliser afin de semer le doute chez les Cheminots ? La F.G.A.A.C., quant à elle, n’a jamais menti sur ses intentions.
Le passage de l’âge pivot de 60 à 55 ans, puis de 55 à 52,5 ans pour les Agents De Conduite a été le fruit d’âpres négociations et d’échanges de courriers entre la F.G.A.A.C. et le Ministère (Lettre de la F.G.A.A.C. du 18 OCTOBRE adressée au Ministre du Travail, Négociations de la F.G.A.A.C. le 26 OCTOBRE au Ministère (voir communiqué de presse), réponse du Ministre apportée le 9 NOVEMBRE…).
Les discussions sur la grille salariale auraient dû commencer au 1er semestre 2008 suite aux négociations F.G.A.A.C. mais la C.G.T., durant leur conflit, les avait repoussées…au second semestre 2008. Or, à ce jour, nous attendons toujours et ce, conformément aux engagements, que la Direction SNCF ouvre ces négociations.
A la lecture de ce rappel historique, le comportement de certaines Confédérations heurteront certainement la plupart des Cheminots et plus particulièrement les Agents De Conduite, notamment sur la manière dont elles les ont utilisés mais aussi sur le fait d’être restées passives lorsque la Direction de l’Entreprise avait fait le choix d’exclure une catégorie du personnel sur des mesures générales, alors que celles-ci sont censées les défendre.
Ces Confédérations qui s’affichaient comme de véritables opposants à tout passage à 40 annuités de cotisations finiront par négocier les 41 ans pour les Sédentaires !
Concernant le remplacement des bonifications de traction, la F.G.A.A.C. s’est étonnée que les Confédérations aient refusé la mise en place à la SNCF d’un P.E.R.C.O. (Plan d’Epargne pour la Retraite COllectif) qui permettait de réduire plus amplement les effets de la décote alors que celles-ci sont signataires de ce même type de procédé dans les Entreprises privées.
La dénonciation en justice dernièrement par la C.G.T., SUD Rail et la CFE/CGC des nouvelles bonifications négociées par la F.G.A.A.C. concernant les embauchés à partir du 1er JANVIER 2009, prouvent une fois de plus que le personnel qu’elles sont censées défendre n’est malheureusement utilisé qu’à d’autres fins. L’égalitarisme, mêlé à la surenchère, conduisent tous deux au nivellement vers le bas.
Par conséquence, les nouveaux Conducteurs embauchés à compter du 1er JANVIER 2009 ne bénéficieront d’aucune reconnaissance de la pénibilité de leur métier.
Rappelons que les Confédérations ne sont jamais arrivées à trouver un accord lors des dernières négociations sur la reconnaissance de la pénibilité dans le privé. Mais à ne pas en douter, ce qu’elles ont dénoncé servira à mieux mobiliser les troupes lors de la prochaine réforme qui s’annonce.
Comme nous l’avons vu, alors que certaines Organisations Syndicales faisaient le choix de minimiser les avancées de la F.G.A.A.C. au lendemain de la grève du 18 OCTOBRE avec une volonté coutumière de surenchère, celles-ci les présentaient au matin du 21 NOVEMBRE 2007 comme des mesures arrachées grâce à la mobilisation.
Globalement, de là à penser que ces Confédérations souhaitaient que d’autres, plus réalistes et courageux qu’eux, « aillent au charbon » à leur place et qu’ils puissent, de plus, leur faire porter le chapeau de l’acceptation, il n’y a qu’un pas et leur comportement oblige l’observateur objectif à le franchir.
D’ailleurs ce comportement n’est pas nouveau et ne peut surprendre que ceux qui se désintéressent de tout.
Surtout lorsque certaines s’amusent, comme ils l’ont toujours fait, à réécrire l’histoire.
Laisser une réponse
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.
Rejoignez le Blog !
Sirius arrive !
Tenue TGV
Permutations








Derniers commentaires